Cameroun : Croisade contre les mutilations génitales

Croisade contre les mutilations génitales | © CAMERPOST / Linda Mbiapa
Croisade contre les mutilations génitales | © CAMERPOST / Linda Mbiapa

L’initiative est de Modern Advocacy Humanitarian Social and rehabilitation association (Mahsra) basée dans le Nord-Ouest. Elle multiplie des actions depuis trois jours pour mettre fin aux mutilations génitales féminines et repassage des seins devenus monnaie courante au pays. Des activités qui arrivent après des rapports publiés par la société allemande pour la coopération internationale Giz précisant que le mal est profond et perdure.

CAMERPOST apprend à ce propos qu’au Cameroun, la pratique archaïque appelée “repassage des seins” est infligée quotidiennement à 1 jeune fille sur 4. Elle consiste à appliquer une pierre chaude sur la poitrine afin de retarder les signes de puberté et ainsi réduire les risques de viol et de grossesse précoce. Des gestes condamnés fermement par des associations. D’autant plus que les séquelles physiques (risques d’abcès, hausse du taux de cancer du sein, impossibilité d’allaiter…) et psychologiques (traumatismes, comportement sexuel négatif) sont importantes et décriées.

Les membres de Giz reconnaissent tout de même que le recul de ces pratiques est une bonne chose. Mais il faut qu’elles cessent définitivement. « Il y a des progrès, c’est sûr, mais la diminution des filles victimes du repassage des seins n’est pas que le fait de la sensibilisation. La modernité, l’éducation, la communication parent/enfant, tous ces facteurs ont joué en faveur d’une baisse de la pratique », disent-ils avant d’ajouter : « la scolarisation des filles a un rôle très important dans la levée de ce tabou. Par exemple, on commence à parler de sexualité et d’éducation sexuelle en famille. Par ailleurs, les filles sont plus promptes à dire non ».

© CAMERPOST par Linda Mbiapa