Cameroun – Crise anglophone : à quoi joue la justice ?

Visuel #BringBackOurInternet, créé par un utilisateur de Twitter camerounais. | © DR

Lorsqu’on observe la scène judiciaire camerounaise depuis le déclenchement de l’« affaire dite anglophone », on est frappé par trois phénomènes, qui renseignent sur le style actuel de la gouvernance politique.

La justice apparaît d’abord comme une ressource du politique, plutôt qu’un pouvoir investi de la régulation du fonctionnement social. Tout ordre politique repose pourtant sur le postulat de son acceptabilité. Il est adossé à un cadre axiologique, fait des normes et valeurs, qui rendent l’action étatique acceptable. Les mobilisations observées signent une béance entre l’action judiciaire et l’univers de ses légitimations.

De même, les polarisations autour des enjeux unitarisme/fédéralisme/décentralisation/sécession, s’exacerbent à cause des libertés prises avec les canons du droit. La loi pénale a par exemple défini la sécession comme le fait « en temps de paix (d’entreprendre) par quelque moyen que ce soit de porter atteinte à l’intégrité du territoire. » Il s’agit d’une arme, extrêmement redoutable, fonctionnant d’ailleurs à plein, puisqu’on poursuit même l’apologie du sécessionnisme.

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  • À quoi jouerait elle?étant aux ordres de l’exécutif.