Cameroun – Crise à l’hôpital Cebec : Le préfet du Wouri attise la colère des grévistes – 26/05/2014

La réunion de crise tenue vendredi 23 mai 2014 à Douala s’est achevée en queue de poisson. Le personnel en service dans cet hôpital revendique 43 mois d’aéré de salaire et le départ inconditionnel de l’actuel médecin chef.

Grève-_-l’hôpital-CebecLa négociation a duré trois heures. Une durée insuffisante pour atténuer cette crise persistante à l’Hôpital Cebec de Bonaberi à Douala. Tout au long de cette rencontre, Paul Nasseri Bea, le préfet du département du Wouri, s’est montré très ferme à l’encontre du personnel gréviste. Tout en les exhortant à reprendre le travail et à respecter la note de service portant mutation du personnel au sein de la structure hospitalière. A ceux qui ne veulent pas se conformer à ces exigences, Paul Nasseri Bea les a priés de rester chez eux. Car, déclare-t-il fermement et tout remonté, « Vous n’avez pas le droit de bloquer un service public. Je vous le dis. Vous n’avez pas le droit. La personne qui essaie, on va le prendre. Vous avez des enfants et des parents. Ne venez pas si vous ne voulez pas travailler. Laissez l’hôpital se gérer ».

Cette injonction préfectorale n’a fait qu’attiser la colère des manifestants. Ceux-ci revendiquent quarante-trois (43) mois d’aéré de salaire et le départ sans condition du Dr Richard Etokè, l’actuel médecin chef de l’Hôpital Cebec de Bonaberi. « On va rester sur nos positions tant que nos problèmes ne sont pas résolus. On n’accepte pas de reprendre le travail. Déjà que le préfet ne travaille pas à l’Hôpital Cebec de Bonaberi. Tout combat qu’il doit faire avec son personnel, c’est à la préfecture du Wouri et non dans cet hôpital », déclare un des manifestants.

Malgré ce jouxte verbal, le délégué du personnel parle d’une légère avancée dans la négociation entreprise entre les autorités administratives du département du Wouri, les autorités de l’Hôpital Cebec de Bonaberi et des deux églises en charge de cet hôpital. « Le préfet a demandé que les deux églises [Union des Eglises Baptistes du Cameroun (UEBC) et l’Eglise Evangélique du Cameroun (EEC)] doivent se retrouver urgemment pour se pencher par rapport à la crise de l’hôpital Cebec. Deuxième résolution, l’église doit tout faire pour payer au moins un mois d’aéré de salaire le plus rapidement possible dans le cadre interne qui est le dialogue entre l’administrateur et le personnel parce qu’il y a un manque de communication ».

Si de son côté Dr Marcellin Yemi, un des médecins de ce centre hospitalier, salue cet appel à consultation entre les deux églises pour résoudre la crise à l’hôpital Cebec de Bonaberi, il qualifie aussi d’opportune cette mutation du personnel dans un contexte social tendu. Puisqu’elle apparaisse comme une tentative de musellement des personnes mécontentes de la gestion financière de l’hôpital CEBEC de Bonaberi. Cet hôpital « est une œuvre chrétienne et rien n’est impossible devant Dieu. S’il y a de la Foi et de la volonté, tout sera résolu et la crise sera terminée », conclut-il. Cette crise perdure depuis deux mois au sein de ce centre hospitalier. Toute chose qui a amené la plupart des patients à abandonner et même oublier les salles de consultation et d’hospitalisation, jadis très courues.

© Camer Post – Frank William BATCHOU

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