Cameroun – Crédit du Sahel : Vente des produits agricoles pour recouvrer des crédits aux paysans – 07/04/2015

Daniel Kalbansou, le Directeur général du Crédit du Sahel | Photo d'archives
Daniel Kalbansou, le Directeur général du Crédit du Sahel | Photo d’archives

Avant toute chose, Daniel Kalbansou, le Directeur général du Crédit du Sahel, tient a précisé que la parade trouvée par l’établissement de microfinance (EMF) qu’il dirige n’est pas illégale. «Je voudrais préciser que la régulation du secteur des EMF en Afrique centrale permet à ces dernières, de réaliser 20% de leurs chiffres d’affaires dans des activités autres que l’octroi de crédits ou la collecte de l’épargne», confie-t-il dans une interview accordée à investir au Cameroun, qui sera prochainement publiée en intégralité sur cette même plateforme.

Fort de cette brèche ouverte aux EMF, le Crédit du Sahel, une micro-banque très active dans les zones rurales de la partie septentrionale du Cameroun, et qui fait également partie des mastodontes du secteur de la microfinance dans le pays, a trouvé une excellente parade pour garantir les remboursements des crédits qu’il accorde généralement aux petits agriculteurs : le mécanisme du crédit garantit par la production.

«On s’est rendu compte que le non remboursement des avances reçues par les paysans n’est pas toujours lié à la mauvaise foi de ces derniers. Dans la plupart des cas, l’argent qu’ils reçoivent sert à financer les engrais et autres intrants. Sauf qu’à la récolte, sous l’effet combiné de la hausse de l’offre et de la nécessité d’avoir des revenus, ces paysans se trouvent souvent obligés de vendre leurs productions à des prix qui, finalement, ne parviennent pas à couvrir la totalité de leurs charges, y compris le remboursement de leurs crédits», explique le DG du Crédit du Sahel.

Aussi, son EMF a-t-il mis en place un mécanisme qui, explique-t-il, «en amont, finance l’acquisition des intrants afin d’accroitre la production et, en aval, récupère la production qui permettra que nous puissions obtenir notre remboursement». Dans la pratique, apprend-on, cette production est gardée «en garantie pendant 2 ou 3 mois, au terme desquels les prix repartent généralement à la hausse. Nous vendons alors la production collectée et nous prélevons le montant de notre crédit plus les intérêts. Lorsqu’il y a un surplus de ressources, nous le mettons dans les comptes à la disposition des paysans concernés».

Grâce à ce mécanisme, fait remarquer M. Kalbansou, «en amont, nous soutenons l’amélioration des volumes produits, et en aval, nous trouvons des marchés pour les surplus de production pouvant permettre d’obtenir un remboursement des avances consenties. Depuis un an, nous avons essayé de perfectionner le mécanisme. Nous avons ajouté le concept de financement équitable. Car, au final, nous prenons la production du paysan à un prix supérieur à celui qu’il peut tirer par ses propres moyens sur le marché. En plus, lorsqu’il y a surplus au moment où nous vendons, le paysan reçoit un bonus. Cela l’encourage à revenir prendre du crédit et à honorer ses engagements».

Source : © Investir Au Cameroun

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