Cameroun : Coup de gueule entre transporteurs et agents municipaux

Coup de gueule entre transporteurs et agents municipaux. | © MOTO ACTION
Coup de gueule entre transporteurs et agents municipaux. | © MOTO ACTION

Les deux parties ne s’accordent pas au sujet du contrôle drastique de la vignette, du permis de conduire entamé il y a quelques jours à Douala. Ce sont des insultes, des altercations chaudes entre les conducteurs de « Ben skin » et les agents chargés du contrôle. CAMERPOST a assisté à une scène triste ce mercredi 3 février 2016. Trois contrôleurs ont froidement molesté un « benskinneur » au lieu-dit « Carrefour j’ai raté ma vie ». Tout simplement parce que le plus faible a pris la fuite au moment où il a été interpellé. Malheureusement, il a été rattrapé. La bastonnade qu’il a reçue n’a pas laissé indifférents les conducteurs des engins à deux roues, qui à leur tour, s’en sont pris aux agents chargés de la surveillance.

La police descendue sur les lieux n’a pas pu calmer les ardeurs des uns et des autres. « Le contrôle n’est pas une agression. Nous sommes contre l’incivisme des agents municipaux qui ne sont ni courtois ni polis quand ils nous interpellent », s’offusquent les « benskinneurs ». La partie adverse se justifie : « nous sommes régulièrement contraints d’être violents parce que les chauffeurs de mototaxis ne sont pas en règle dans la majorité. A l’écoute du coup de sifflet, ils prennent la fuite et  c’est comme cela qu’ils sont à l’origine des accidents de la circulation ». Les spectacles pareils sont monnaie courante dans la capitale économique.

En outre, le port de ceinture de sécurité, du casque, de la chasuble, la détention de l’assurance, l’usage du téléphone portable au volant, des dispositifs complets d’éclairage et de signalisation…rien de tout cela n’est respecté à Douala.  Et pourtant, les textes sont clairs en ce qui concerne l’organisation du secteur du transport par mototaxis au Cameroun. Selon le décret du Premier ministre signé le 16 novembre 1995 fixant les conditions et les modalités d’exploitation des motocycles à titre onéreux, les conditions d’exploitation incluent notamment la détention préalable d’un permis de conduire et le port d’un casque.

On note aussi l’inscription des motocyclistes au registre des transporteurs par motos-taxis Dans la section III consacrée aux conditions d’exploitation, à l’article 10, on apprend que toute mototaxi doit être équipé d’un réservoir de carburant peint en jaune en guise de signe distinctif, d’une paire de pose pieds, d’un trousseau de dépannage, de deux rétroviseurs et de deux casques, des amortisseurs sonores, des dispositifs complets d’éclairage et de signalisation, etc. Si les motos-taximen sont astreints d’un permis de conduire de catégorie ” A”, l’exploitation des motos-taxis est subordonnée à l’obtention d’une licence spéciale de transport de catégorie ” spécial mototaxi ” et d’une carte de transporteur routier.  Ce qui n’est malheureusement pas le cas.

Pour l’heure, en plus de la vignette, permis de conduire, assurances, les « mototaximen » ont jusqu’au 29 février pour détenir la carte de grise, tel qu’instruit par le Préfet du Wouri, Naseri Paul Bea, au cours du lancement officiel de l’opération de recensement et d’identification de la cible le 22 janvier dernier.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

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