Cameroun – Construction des infrastructures Sportives : lorsque la précipitation prime sur la qualité

Une vue du stade omnisports de Limbé | DR
Une vue du stade omnisports de Limbé | DR

Les infrastructures sportives sont actuellement une priorité au Cameroun. Le pays prépare des grands rendez-vous sportifs notamment la Coupe d’Afrique des Nation de football en 2019.

Les stades de Limbe et de Bafoussam sont en phase d’achèvement. Celui de Bafoussam contrairement au projet initial est une réplique exacte du stade de Limbé. La capacité est de 20.000 places assises. Ces deux stades contrairement aux standards en la matière ne sont pas couverts donc ils sont exposés aux intempéries. De nombreux experts estiment en effet qu’au regard des rigueurs et caprices du climat tropical l’idéal est de construire des stades couvert en Afrique. « Cela a un impact sur la durée de vie de l’infrastructure plus elle est exposé aux intempéries plus vite elle se dégrade » confirme Alex Mbarga ingénieur en  géni civil. L’option du Cameroun est visiblement dictée par l’urgence de la situation et le soucie de réaliser des économies. Dans les colonnes du quotidien Cameroon Tribune édition du mercredi 14 octobre 2015, un haut responsable de l’entreprise chinoise chargée de la construction du stade de Bafoussam explique : « je crois que c’était une question de moyens, car il faut savoir que la Chine finance seulement une partie de cet investissement. Donc il y a un certain nombre d’éléments et d’infrastructures  annexes de ces complexes qui relèvent de notre partenaire camerounais. Si on nous avait demandé de construire un stade couvert entièrement ou de moitié, et même à la toiture rétractable, nous l’aurions fait. Nous en maîtrisons les techniques, mais ce n’est pas nous qui décidons ». C’est donc clair il s’agit d’un choix assumé par la Cameroun. Seulement, l’histoire est pourvoyeuse d’arguments qui laissent croire qu’il s’agit d’une fuite en avant et les exemples sont légion. L’actuel palais des sports de Yaoundé bien qu’achevé n’a pas vu le plan d’aménagement des infrastructures connexes se réaliser. Il était question de construire un hôtel, un parking entre autres…plus loin il y’a le stade omnisports de Yaoundé lui aussi n’a jamais été achevé pareil pour les stades de Douala et de Garoua. Ils sont aujourd’hui de véritables éléphants blancs, même s’il faut reconnaitre qu’il est prévu de les réaménager en urgence.

L’une des questions qui semble également reléguée au second plan est l’entretien des infrastructures construites. Le plan d’aménagement des nouveaux stades prévoit la formation et l’encadrement des techniciens camerounais pour en assurer la maintenance. Mais dans les faits, aucune disposition pratique n’a été prise pour que ces techniciens camerounais suivent les travaux. Certains d’entre eux ont jeté l’éponge parce qu’ils dormaient à même le sol sur le site du stade de Bafoussam. Non seulement nous construisons des infrastructures au rabais mais nous ne pourrons même pas en assurer l’entretien et la maintenance.

© CAMERPOST par Hakim ABDELKADER

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