Cameroun – Confiscation des équipements marchands de Douala : le torchon brûle entre les maires et la CUD

René Emmanuel Sadi, ministre camerounais de l'administration territoriale et de la décentralisation. | DR
René Emmanuel Sadi, ministre camerounais de l’administration territoriale et de la décentralisation. | DR

Les maires des six arrondissements que compte la ville de Douala ne sont pas très contents en ce moment. C’est du moins ce qui ressort d’un mémorandum que ces derniers viennent d’adresser à René Emmanuel Sadi, Ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation (MINATD) pour protester contre la confiscation des équipements marchands de la ville par la Communauté urbaine de Douala (CUD) et la gestion de la métropole économique.

Dans ce document lourd dont CAMERPOST a parcouru quelques lignes essentielles, les signataires notent qu’en ce qui concerne la gestion concertée de la ville de Douala, « la Communauté urbaine de Douala ne saurait être un îlot de prospérité pendant que les Communes d’arrondissement croupissent dans une paupérisation de plus en plus grande qui se manifeste par leur incapacité à réaliser convenablement leurs missions, faute de moyens ». Signé en date du 9 mars 2016 par Jean Jacques Lengue Malapa de la Commune d’arrondissement de Douala (CAD) 1er, Me Denise Fampou (CAD 2e), Job Theophile Kwapnang (CAD 3e), Frédéric Koum Elangue (CAD 4e), Gustave Ebanda (CAD 5e) et Ernest Edimo (CAD 6e), le mémorandum en question souligne que ces derniers déplorent le climat délétère qui règne entre les exécutifs communaux et l’exécutif communautaire de la cité économique. Notamment la non application des résolutions prises dans le cadre de la plateforme Communauté urbaine/Communes d’arrondissements.

Entre autres problèmes réguliers, les signataires relèvent : – le reversement tardif de la Dotation générale de fonctionnement (DGF) aux communes d’arrondissements ; ces dernières qui perçoivent, disent-elles, la DGF sur le tard. Un retard qui peut aller, apprend-t-on, jusqu’à 6 mois du fait de l’étape de Trésorerie Paierie Générale (TPG) qui lui est imposée ; – la centralisation de la lutte contre le désordre urbain ; – la non répartition et le non reversement aux communes d’arrondissements de la quote-part de 40% des Centimes additionnels sur la retenue de base servie à la Communauté urbaine de Douala. On parle également de la faiblesse du niveau de la DGF qui est bloquée à 150 millions de Fcfa par an et par commune d’arrondissement ( soit 12,5 millions par mois) depuis de longues années malgré le compte administratif de la CUD qui est passé de 20 milliards en 2007 à plus de 40 milliards en 2014.

Des dénonciations des maires qui font que ceux-ci souhaitent le transfert effectif de la gestion de tous les marchés de la ville de Douala aux communes d’arrondissements, conformément à l’article 13 alinéa 1 du Décret 2015/1375/PM  du 8 juin 2015. Les maires suggèrent à la tutelle qu’est le Minatd, l’indexation de la DGF au taux de croissance du compte administratif de la Communauté urbaine : le minimum doit être fixé à 600 millions Fcfa par exercice et par Commune d’arrondissement…

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

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