Cameroun : Un concours pour créer des articles Wikipédia sur les villages

Le concours commence le 20 mai et invite tout un chacun à créer des articles sur Wikipédia sur les 13 000 villages du Cameroun. Une façon de donner de la visibilité à des territoires largement sous-représentés sur Internet. | © AGRIPO (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons
Le concours commence le 20 mai et invite tout un chacun à créer des articles sur Wikipédia sur les 13 000 villages du Cameroun. Une façon de donner de la visibilité à des territoires largement sous-représentés sur Internet. | © AGRIPO (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons

Un concours a été lancé, ce vendredi 20 mai, pour créer et améliorer les articles Wikipédia sur les villages du Cameroun. Lancé à l’initiative des Agriculteurs professionnels du Cameroun (Agripo), ce concours #Wikivillages vise à « soutenir le développement rural et lutter contre l’isolement numérique des territoires ruraux » de ce pays. Une initiative salutaire, alors que le Cameroun, et plus largement le continent africain, restent sous-représentés sur Wikipédia et sur internet en général.

Le concours #Wikivillages du Cameroun a débuté le 20 mai – jour de la fête nationale du Cameroun – et se termine six mois plus tard, le 20 novembre. Comme l’explique le mouvement des Agriculteurs professionnels du Cameroun (Agripo), le concours est « ouvert à tous les internautes du monde, sans distinction d’âge ni de nationalité. Seuls impératifs : l’article, rédigé en anglais ou en français, devra obligatoirement avoir pour sujet un village du Cameroun, respecter les critères de rédaction de Wikipédia et être publié » sur l’encyclopédie en ligne, qui existe en près de 300 langues et compte plus d’1,7 million d’articles en français.

« Le but est de donner de la visibilité aux villages camerounais. Les villages sont la structure administrative de base du pays. Il y en a 13 000 qui rassemblent 48% de la population. Nous nous inscrivons donc dans une dynamique de développement pour réduire le fossé qui se creuse entre les pays dits du Nord et les pays dits du Sud », explique Adeline Flore Ngo-Samnick, directrice générale d’Agripo.

Doté de cinq prix (allant de 100 000 à 1 million de francs CFA, soit entre 150 et 1 500 euros environ), le concours se donne trois objectifs :

  • faire découvrir des centaines de villages camerounais ;
  • lutter contre l’isolement numérique de ces villages et de leurs communautés ;
  • permettre à ces communautés de communiquer via internet sur leurs problématiques, communautés et actions de développement.

Tout est parti de l’association Agripo, implantée à Tayap, village dont l’article sur Wikipédia a été créé en novembre 2014 par Laura Guien. Journaliste indépendante, elle explique sa démarche : « Depuis fin 2014, j’accompagne Agripo dans plusieurs projets. On a notamment fait un webdocumentaire sur l’association. A un moment, je réfléchissais à comment augmenter la visibilité du village de Tayap, car Agripo est vraiment implanté dans ce village. Le projet d’Agripo était de monter un programme pilote de développement rural dans cette localité. Donc nous avons décidé de créer un article sur Wikipédia afin d’améliorer le référencement sur Google. »

Ensuite, Jacqueline Louviot, membre de l’association Wikimédia France, intéressée par cette initiative, a souhaité approfondir l’idée en proposant d’écrire des articles sur tous les villages du Cameroun. De là est née l’idée de ce concours. « Je n’avais pas conscience des retombées que la création de l’article sur Tayap pouvait avoir. Cela peut avoir un écho en dehors de ce village et du Cameroun, car l’Afrique, surtout subsaharienne, est sous-représentée sur Wikipédia », complète Laura Guien.

« L’Afrique subsaharienne est sous-représentée sur Wikipédia »

Cette sous-représentation, « tant en nombre de contributeurs qu’en termes de contenus », s’explique par « des raisons complexes, entre autres technologiques et culturelles. Plusieurs projets internationaux tentent d’y remédier, comme Wiki Loves AfricaLire la suite à © RFI >>

Source : © RFI

Par Maati Bargach