Cameroun : la CONAC débusque un vaste réseau de fraude à la douane

Rev. Dr. Dieudonné MASSI GAMS, président de la Commission nationale anti-corruption (Conac) | © Flickr
Rev. Dr. Dieudonné MASSI GAMS, président de la Commission nationale anti-corruption (Conac) | © Flickr/Archives

Les pertes enregistrées par la douane camerounaise, du fait d’un vaste réseau de fraude imputable aux informaticiens et leurs complices, pourraient atteindre une vingtaine de milliards FCFA sur une période d’un an selon les conclusions du rapport 2014 que vient de publier la Commission nationale anti-corruption (CONAC).

Cette administration est dotée d’un Système douanier automatisé (Sydonia), un réseau informatique reposant sur le principe client/serveur et dédié notamment aux douaniers, consignataires et autres commissionnaires agréés.

Dans la pratique, les recettes comptabilisées par cette application découlent de l’ensemble des quittances ayant été émises par le receveur des douanes.

Parallèlement a été créé le Guichet unique (e.GUCE), une plate-forme informatique mettant en relation, et ce de manière virtuelle, les différents acteurs du commerce extérieur, avec pour objectif d’assurer la traçabilité des opérations en temps réel, la sécurisation des transactions financières ainsi que l’amélioration des recettes.

Sont ainsi connectés à ce réseau le Trésor public, le Port autonome de Douala (PAD) et les banques de manière à assurer la traçabilité des opérations en temps réel, la sécurisation des transactions financières et l’amélioration des recettes.

Dans la pratique, les recettes comptabilisées par Sydonia doivent coïncider avec celles enregistrées par le système e-GUCE.

Mais la CONAC, qui a enquêté pendant deux mois sur la base d’une dénonciation, invoque un piratage du système informatique et une irrégularité «criarde», se traduisant par de très importants écarts dans les recettes comptabilisées et enregistrées par les banques, qui se sont avérées supérieures aux recettes de Sydonia.

Ainsi, entre novembre et décembre 2013, l’écart total constaté par la CONAC s’élève à plus de 3,5 milliards FCFA.

Depuis plus d’une décennie, la douane est considérée comme l’un des corps les plus corrompus du Cameroun par Transparency International.

© CAMERPOST avec © APA

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