Cameroun – Commerce illicite : La riposte s’organise

La riposte s’organise contre le commerce illicite | © CT
La riposte s’organise contre le commerce illicite | © CT

L’opération « Halte au commerce illicite » lancée en août 2016 se traduit par des saisies régulières et redonne de l’espoir aux producteurs locaux.

Dans l’enceinte de l’ancienne Direction générale des douanes à Douala ce 12 octobre, une rutilante Mercedes ML 350 de couleur noire est immobilisée. Des sabots de la douane aux roues. Le véhicule n’est pas immobilisé pour s’être garé sur un parking réservé, non. En fait, il est entré frauduleusement sur le territoire camerounais. Une dame le conduisait dans la ville de Douala quand, suite à un renseignement, il a été saisi dans le cadre de l’opération « Halte au commerce illicite » (Halcomi), lancée par les douanes camerounaises le 16 août 2016. Selon des informations obtenues par CT, l’ensemble du territoire est divisé en trois zones : la première englobe le Littoral, le Sud-Ouest, le Nord-Ouest et l’Ouest ; la deuxième, le Centre, le Sud et l’Est, et la troisième l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord.

« Les saisies sont quotidiennes », explique Jean Ayissi Awono, inspecteur principal des douanes, coordonnateur Halcomi Zone 1. Il précise que l’opération combat les grands trafics, la contrebande et la contrefaçon. Le douanier rappelle qu’en début d’année, le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) avait soumis à son administration une liste de produits subissant de plein fouet les effets de la contrebande : cigarette, lait, ciment, pâtes alimentaires, bières, liqueurs, vins, jus de fruits, huiles de table, biscuits, etc.

Le 28 septembre dernier, 12 containers contenant de la bière, du vin rouge et du whisky ont été saisis au port de Douala. La cargaison s’apprêtait à quitter l’enceinte portuaire. Quelques jours plus tôt, 4000 sacs de riz étaient pris à Limbe. Là, c’était une tentative d’exportation vers le Nigeria. Ou plutôt de réexportation frauduleuse (certains opérateurs, profitant des abattements sur le riz à l’import, en font venir sur le territoire camerounais, censé en être la destination finale, puis le réexportent en visant une confortable plus-value). Dans la foulée, 380 autres sacs de riz ont été saisis, toujours dans le chef-lieu du Fako, et des milliers de palettes de jus et de bière en canette à Youpwè (Douala, zone portuaire) et à Ekondo-Titi (Sud-Ouest).

Le trafic de carburant est également ciblé par l’opération Halcomi, laquelle revendique à ce jour la prise de quelque 50.000 mille litres de carburant au total (voir encadré). Coups de filets généralement effectués en mer, avec l’appui des bases navales de Douala et de Limbe. La police et la gendarmerie apportent aussi leur contribution dans ce combat.

Sans en dévoiler les ressorts stratégiques, le coordonnateur de la Zone 1 indique : « Halcomi s’appuie sur le quadrillage des services opérationnels, et a des équipes mobiles qui agissent sur renseignement ». Il n’y a donc pas de « poste fixe », connu à l’avance et contournable à souhait par les contrebandiers. C’est « une grosse opération de répression », poursuit Jean Ayissi Awono, ajoutant que du fait du commerce illicite, certaines entreprises locales ont mis du personnel en congé technique. Une question se pose maintenant : Halcomi, jusqu’à quand ?

Source : © Cameroon Tribune

Par Alliance NYOBIA

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