Cameroun : le CNC invite au débat

Peter Essoka, président du Conseil national de la communication (CNC) | DR
Peter Essoka, président du Conseil national de la communication (CNC) | DR

L’instance régulatrice a convié des journalistes et personnalités à une discussion conviviale lundi à Douala.

En quittant ses hôtes aux dernières heures de ce lundi 2 mai 2016, le président du Conseil national de la communication (CNC), Peter Essoka, paraissait plutôt satisfait d’avoir appelé la presse de Douala à débattre au cours d’un dîner, des enjeux de pouvoir liés à la régulation des médias. M. Essoka n’a donc pas hésité à dire les mots qui lui venaient à l’esprit : édifié, pas déçu, poussé à la réflexion… Le débat ouvert, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse (chaque 3 mai) et au regard des quelques années d’activités de l’instance de régulation, méritait donc du point de vue du CNC de se poursuivre.

Mais avant, que de malentendus aura-t-il permis de dissiper ! Car tout au long des interventions des professionnels de la presse, vedettes politiques, dirigeants d’administration, on a pu mesurer l’épaisseur d’écrans de fumée composés par des questions comme celle de l’illégitimité de l’arbitre qu’est le CNC, rappelée par Frédéric Boungou, directeur du « Messager ». Suzanne Kala Lobe, membre de ce conseil, a avoué que c’est un sujet de discussions inépuisable. Pour autant, personne ne prétend qu’il faut abandonner toute régulation, ajoutera Alain Blaise Batongue, ancien directeur de publication (« Mutations ») et ex-secrétaire permanent de la Commission de délivrance de la carte de presse passé à l’administration du syndicat patronal Gicam : « Il y a dans ce genre d’instances beaucoup de pressions venant de toutes parts pour contrôler la presse. J’ai le sentiment qu’il faut trouver le moyen de mettre tout le monde dans un même ensemble pour que les décisions soient le moins contestées… ».

Un pari difficile, tout au moins quand on considère que parmi les convives ne figuraient pas les habitués des sanctions ou les représentants d’organisations qui contestent l’existence même du CNC. La réponse de l’institution n’est pas nuancée : la porte est ouverte même à ceux qui crient haro. Il faut dire que pour beaucoup, en effet, le CNC apparaît comme un juge inéquitable qui sanctionne ici et ignore là-bas, pour des faits similaires pour ne pas dire identiques. La fameuse dichotomie presse publique épargnée-presse privée victime d’acharnement paraissant clairement dans les récriminations. Rien n’est plus faux, rétorquera le président du CNC : « Si vous êtes dans l’erreur, nous le constatons, si vous êtes dans le vrai, nous ferons pareil. Nous ne sanctionnons pas au hasard. » La preuve ? Seules 10 des 48 sanctions prononcées ont été contestées devant le juge.

Source : © Cameroon Tribune

Par Jean Baptiste KETCHATENG

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz