Cameroun : Cinq femmes enlevées par Boko Haram à Tolkomari dans l’Extrême-Nord

Des soldats du Bataillon d'intervention rapide (BIR), une unité d'élite de l'armée spécialisée dans la lutte contre le terrorisme, le 29 mai 2014 à Waza, dans le nord du Cameroun | © AFP/Reinnier Kaze
Des soldats du Bataillon d’intervention rapide (BIR), une unité d’élite de l’armée spécialisée dans la lutte contre le terrorisme, le 29 mai 2014 à Waza, dans le nord du Cameroun | © AFP/Reinnier Kaze

Cinq femmes, qui s’activaient dans un champ dans la localité camerounaise de Tolkomari (Extrême-Nord), ont été enlevées mardi après-midi par des membres présumés de la secte islamiste Boko Haram, a-t-on appris de sources sécuritaires.

Les mêmes sources indiquent que les ravisseurs ont entraîné leurs captives en territoire nigérian situé tout proche.

Combinant désormais assauts nocturnes, attentats-kamikazes et mines antipersonnel, le mouvement jihadiste se signale également, depuis quelques semaines, dans la prise d’otages dans l’Extrême-Nord camerounais.

Dans son édition de mardi le quotidien à capitaux privés, Le Jour, rapporte le témoignage d’une jeune captive destinée à servir de bombe humaine. Après avoir feint d’être malade, elle a réussi à semer les terroristes avant d’être retrouvée jeudi dernier dans la brousse de la localité de Kerawa par des membres d’un comité de vigilance.

Originaire de cette petite ville, elle a raconté être partie depuis des mois rejoindre son époux à Goche, au Nigeria. Sur place, elle a su que son homme est un des stratèges de Boko Haram.

Entourée d’une centaine d’autres candidats au suicide, celle qui se fait appeler Kaka a affirmé avoir participé à la projection d’attentats-kamikazes à Mozogo, à Achigachia et à Kolofata.

Partie de Goche avec une congénère, la jeune dame et l’autre kamikaze, déposées au cœur de la nuit dans un coin discret par ses maîtres, a ensuite feint d’être malade avant d’être abandonnée sur place, les personnes malades étant, selon la doctrine intégriste, impropres au suicide considéré comme «un acte saint».

Ayant également réussi à dissuader sa camarade dans cette aventure suicidaire, Kaka et l’autre repentie, selon Le Jour, ont livré des noms de commerçants de la ville camerounaise de Mora. Sous le couvert du commerce, ils donnaient des renseignements à Boko Haram et l’approvisionnait en vivres et carburant.

© CAMERPOST avec © APA

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