Cameroun – Ciné-débat : informer et sensibiliser contre l’exploitation et le trafic des enfants – 26/01/2015

Informer et sensibiliser contre l’exploitation et le trafic des enfants.
Informer et sensibiliser contre l’exploitation et le trafic des enfants.

Le choix a été porté sur la région du Nord-ouest qui semble être une plaque tournante de cette activité. L’action du Cinéma Numérique du Cameroun (CNA) vise, à terme, de réduire à zéro ce trafic et cette exploitation.

Chacun de nous a déjà certainement entendu parler d’«enfants Bamenda ». Il s’agit de ces enfants « achetés » dans la région du Nord-ouest du Cameroun. Ils sont soit utilisés comme domestique sans salaire dans les domiciles ou à des fins sexuels. Sans aucune inquiétude de leurs familles d’origine qui, selon une étude menée en 2009 de l’Organisation internationale du travail (OIT) considèrent que cette « mise au travail de l’enfant est considérée comme le prolongement de l’éducation et la transmission des valeurs ». Triste ! Cette même étude affirmait que la région du Nord-ouest du Cameroun compte à elle seule 32% de victimes d’exploitation et de trafic des enfants. L’année d’avant, 2008, un rapport du Centre International pour la Promotion de la Création (Cipcré) indiquait que « les zones anglophones apparaissent comme les zones privilégiées du recrutement des victimes ». Le Cipcré parle de 4000 enfants âgés entre 10 et 17 ans en situation de traite dans les dix régions du Cameroun et 40% d’adolescents victimes d’exploitation sexuelle. Tandis que l’Institut national de statistique parlait de 41% d’enfants âgés de 5 à 17 ans victimes de trafic. Soit plus de deux millions d’enfants.

Des chiffres qui font froid au dos. Et qui n’ont pas manqué de toucher le cœur des membres du Cinéma Numérique Ambulant (CNA) du Cameroun. Ceux-ci ont donc décidé de mener une campagne d’information et de sensibilisation contre le trafic et l’exploitation des enfants du Nord-ouest du Cameroun. Précisément dans les départements de la Mezam, de Ngoketunja et de Boyo. Cette campagne a été lancée 8 janvier 2015 avec deux thématiques centrales : « L’exploitation domestique, commerciale, sexuelle des enfants » ; et « La traite des enfants ». Ce phénomène est en évolution parce qu’il « s’avéré que l’insuffisance d’une communication appropriée et soutenue autour de la problématique de l’exploitation et de la traite des enfants, le silence dans les familles et les communautés, l’ignorance de la loi du 28 décembre 2005 relative à la lutte contre le trafic et la traite des enfants et, en général, des conventions protégeant l’enfance, constitue un obstacle au respect des droits fondamentaux des enfants et à la construction d’une société plus équitable », rappelle-t-on au sein du CNA du Cameroun. Le but de campagne est donc de « promouvoir les droits humains fondamentaux et, de manière spécifique  les droits de l’enfant. Le premier enjeu est d’informer, par le canal du cinéma, le grand public à l’importance de l’épanouissement de l’enfant ». Ceci passe par vingt-et-une (21) séances de projections (courts-métrages) en plein air dans une dizaine de villes et villages des départements suscités, suivies des causeries éducatives au cours desquels parents et enfants s’expriment librement. La campagne prend fin le 28 janvier 2015.

© CamerPost – Frank William BATCHOU

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz