Cameroun : Chape de plomb sur la libération des otages – 15/10/2014

Enlevés par Boko Haram, 27 otages chinois et camerounais, dont la femme du vice-Premier ministre, ont été libérés ce week-end. Malgré le soulagement, la presse dénonce la gestion opaque de ce dossier.

Yaoundé, 11 octobre 2014. Chinois, ex-otages de Boko Haram à leur arrivée à l'aéroport. @AFP/REINNIER KAZE
Yaoundé, 11 octobre 2014. Chinois, ex-otages de Boko Haram à leur arrivée à l’aéroport. @AFP/REINNIER KAZE

Les 10 Chinois et les 17 Camerounais détenus par Boko Haram sont arrivés le 11 octobre dans la capitale camerounaise Yaoundé. Ils avaient été enlevés respectivement les 17 mai et 27 juillet dans l’extrême nord du pays. Parmi les otages se trouvait l’épouse du vice-Premier ministre Amadou Ali.

La presse camerounaise critique les conditions floues de la libération des otages. Ainsi l’hebdomadaire Intégration s’interroge : “Comment a‐t‐on bouclé les dossiers d’échange de prisonniers entre les parties camerounaise et nigériane ? La masse des citoyens ordinaires, en joie devant cet heureux dénouement, doit pourtant être éclairée.”

Cette gestion et ce silence gouvernementaux ne sont pas nouveaux selon l’hebdomadaire : “Le système a son principe, garder les populations dans l’ignorance la plus absolue. Depuis la libération des Fournier [la famille française enlevée par Boko Haram et libérée le 19 avril 2013] et des religieux occidentaux [deux prêtres italiens et une religieuse canadienne relâchés le 1er juin 2014], les observateurs ont relevé pour s’en scandaliser que le discours du gouvernement de la République se caractérisait par une déconcertante pauvreté.”

Frontalier du Nigeria par le nord-ouest, le Cameroun est victime d’attaques du groupe islamiste Boko Haram depuis le début de l’année.

Source : Courrier International

Nébuleuse Boko Haram connection

“Boko Haram a récolté près de 70 millions de dollars [50,2 millions d’euros] entre 2006 et 2011”, peut-on lire dans le quotidien nigérian Vanguard. Comment l’organisation a-t-elle pu réunir une telle somme ? “Le trafic de drogue, la contrebande, le trafic d’armes, le blanchissement d’argent, les rançons et les vols armés”, répond l’hebdomadaire. Oui, mais pas seulement. Vanguard explique aussi que“l’investissement d’Aqap [Al-Qaida dans la péninsule Arabiqueet d’Aqmi [Al-Qaida au Maghreb islamique], ainsi que celui d’Al-Shabab dans la Corne de l’Afrique, ont permis que les mouvements de fonds soient fluides et multioptionnels”. Les liens entre Boko Haram et d’autres groupes terroristes sont donc en train de se resserrer. Et ce, principalement depuis qu’Abubakar Shekau est à la tête de la secte. “Il a prêté allégeance à Al-Qaida et à ses afidés. Il menace l’Amérique dans l’introduction de ses sermons avant de damner tous les chrétiens, politiciens et leaders islamiques nigérians”, explique le site d’information African Arguments. Boko Haram entretient aussi des relations avec de plus petits groupes. “Au Niger, il a acheté les services de jeunes membres de groupes dissidents”, explique le quotidien nigérian Daily Trust.

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz