Cameroun – Centrale à gaz de Kribi : le gouvernement recule sur le projet d’extension – 06/05/2015

Eneo a inauguré une centrale à gaz de 50 MW dans la ville de Douala | Archives / DR
Eneo a inauguré une centrale à gaz de 50 MW dans la ville de Douala | Illustration / DR

La zone interconnectée sud du Cameroun devra encore subir les caprices d’une alimentation insuffisante en énergie électrique. La phase d’extension de la centrale à gaz censée apporte une capacité additionnelle dans le réseau est bloquée.

Le projet de la centrale à gaz de Kribi a été initié à l’époque pour combler le déficit de fourniture d’énergie dans la zone concernée à savoir le sud du pays. Depuis son entrée en service en mai 2015, cette centrale apporte un peu plus de 100MW additionnel pourtant la capacité installée est de 216MW. L’idée de départ était de porter progressivement cette capacité à 330 MW. Aujourd’hui la demande ayant considérablement évoluée, à centrale à gaz de Kribi ne rempli plus son rôle. Ce constat justifie l’urgence d’engager des travaux d’extension. Selon un chronogramme défini entre le gouvernement et AES Sonel devenue ENEO, les travaux d’extension d’un montant de 65 milliards devaient êtres livrés en 2015, afin d’éviter les coupures et autres délestages intempestifs durant la période d’étiage. L’une des difficultés soulignée par des sources liées au dossier du projet Kribi Power Develpment Corporation (KPDC) est le fait que : « Kpdc est lié par un contrat de type ‘’Take or Pays’’ avec la SNH. C’est cette structure qui fournit le gaz à la centrale. Donc chaque mois, ils doivent enlever une cantité précise de gaz et payer la facture. Cependant qu’ils le fassent ou pas, ils doivent remplir cette obligation contractuelle. La centrale ne tourne pas au maximum de sa puissance, les quotas de combustibles ne sont pas enlevés ». Cet argument est balayé du revers de la main du côté de KPDC. Selon ces derniers, la centrale produit l’énergie en fonction de la demande et actuellement elle tourne à plein régime. Il n’est donc pas utile de produire plus qu’il n’en faut pour alimenter le marché parce qu’il pourrait y avoir des pertes d’énergie.

La position de l’Agence de Régulation du Secteur de l’électricité(ARSEL) est qu’il est impératif d’auditer toute l’infrastructure sur les plans technique et financier avant de lancer le moindre projet d’extension. Il se pourrait que la centrale n’ait pas été construite dans le respect des règles en la matière. La technologie actuellement utilisée dans cette centrale serrait largement dépassée et trop coûteuse à faire fonctionner. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi cette centrale présente autant de zones d’ombre ? Face à ces interrogations, le gouvernement à décider le suspendre les travaux d’extension en attendant la réalisation d’un audit. Certaine sources estiment que cette situation est résultat d’un projet monté à la hâte et dans l’urgence sans études appropriées.

© CamerPost – Hakim ABDELKADER

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