Cameroun – Centenaire des martyrs : Mémoires oubliées – 13/08/2014

Il a été soutenu avec hargne par le Pr. Kum’a Ndumbé III. C’était au cours de la conférence organisée à l’occasion de la commémoration de ce centenaire à Douala.

Rudolph Douala Manga Bell
Rudolph Douala Manga Bell

Esplanade de Doual’art. C’est la place où il fallait être. Ce samedi 9 août 2014. On doit reconstituer le geste historique de Rudolph Douala Manga Bell. Un menu dense qui s’étale sur trois thématiques associées aux échanges entre participants. Normal. On célèbre le centenaire des martyrs camerounais de 1914.

« De l’estuaire aux terres de l’intérieur : un territoire disputé ». C’est le thème qui a ouvert le débat. Il porte sur la création de la ville de Douala. Les habitants de cette localité, à cette époque, ont acquis leur puissance grâce au commerce développé. A cet effet, les membres de l’association Mémoire collective et internet (Mci) soulignent que « durant cette période, les habitants de Douala avaient pour la plupart, établis leur territoire sur les berges du Wouri. Sur celui-ci, ils avaient développé un commerce qui, à l’époque, les avaient rendu puissant et leurs avaient permis d’avoir les relations commerciales équitables avec le monde extérieur, notamment les européens ».

Le deuxième thème développé est : « Douala sous le protectorat allemand : naissance d’une ville ». Il s’étend sur la cession que les chefs douala ont signée avec les Allemands. Ce traité a donné l’option aux Allemands de contrôler, dans son entièreté, le territoire et le commerce. « Au lendemain de la signature de cet accord avec les chefs douala, raconte le Pr. Victor Dicka, les allemands ont commencé à se considérer comme les maîtres des lieux. C’est ainsi que le monopole commercial qu’avaient les doualas a commencé à disparaître au profit des allemands qui ont éditées les lois à l’instar de l’interdiction de la pratique du troc entre les habitants et aussi de la chasse à l’éléphant qui était très prisée à l’époque ». Dr Sylvie Laure Andela a présenté l’ultime thème au menu. Intitulé « La naissance de l’élite par la formation des clercs », il porte sur la socialisation de la métropole économique camerounaise. Ici, les écoles implantées par les nouveaux colons ont formées des élites à leur image. C’est pourquoi, renchérit Dr Sylvie Laure Andela, « pendant que les premiers missionnaires et surtout les noirs apprenaient aux jeunes à lire et à écrire, les allemands quant à eux formaient dans le seul but de préserver leurs propres intérêts coloniaux ».

Abandonnées à son propre sort

Pr. Kum’a Ndumbé III
Pr. Kum’a Ndumbé III

Toutes ces informations historiques sont disponible dans les bibliothèques nationales à l’instar d’« AfricAvenir » du Pr. Kum’a Ndumbe III. Et à la portée de tous. Cependant, le patriarche et écrivain déplore l’abandon de ses bibliothèques, comme la sienne, à leur propre sort. Dans une posture de conseiller, il rappelle que « la jeunesse camerounaise à un grand héritage que leur ont légué leurs ancêtres. Celui-ci se trouve dans les écrits consignés dans nos bibliothèques mais personne ne les utilisent. Votre tâche  est lourde. Il est donc urgent pour vous de prendre conscience ». Un culte œcuménique est venu mettre fin, le dimanche 10 août 2014, à cette célébration du centenaire des martyrs camerounais de 1914.

© Camer Post – Frank William BATCHOU

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