Cameroun : carton rouge, contre le braconnage du pangolin

Carton rouge, contre le braconnage du pangolin | Photo d'illustration
Carton rouge, contre le braconnage du pangolin | Photo d’illustration

C’est l’une des décisions prises au dernier sommet de l’UINC. Mais à Yaoundé, ont fait le sourd et le muet.

Encore appelé, Manidés, le pangolin est de la famille des mammifères insectivores. Sans dents, cet animal dont le corps est allongé, est presque complètement couvert d’écailles, d’où l’appellation de fourmiliers écailleux. Il fait partie des rares animaux très prisés pour sa viande. Chassé pour sa viande et ses écailles, le pangolin est depuis les années 2000, protégé par la convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction-Cites. L’interdiction a été renforcée par le droit international d’où la répression à l’endroit des braconniers. Au Cameroun malgré cette interdiction, le pangolin se consomme comme du pain.

Péril en la demeure

Le Cameroun abrite, un nombre important de la population de pangolin de l’Afrique centrale.  Malgré, l’embargo qui frappe la chasse anarchique de cet animal, les amateurs de la viande fraiche venue tout droit de la forêt, ne font pas l’économie de leur gourmandise. C’est presque connu de tous, le point focal où se vend et se consomme le pangolin, notamment, c’est à peu de distances du commissariat de sécurité publique du 3ème arrondissement de Yaoundé, au quartier Nkoldongo. Ici, on trouve le pangolin dans toutes ses formes.

De la route, on aperçoit un marché de poisson mais un plus en arrière, il ya une foire aux bêtes vivantes ou mortes. Parmi ces animaux rares, comme le hérisson, le rat, figure en bonne place, le pangolin. L’arrivée d’une personne étrangère est presque soupçonneuse. On parle avec retenu. Preuve que les trafiquants savent, ce qui est interdit et ce qui ne l’est pas.

Les chiffres

La saisie en juin dernier de 4,4 tonnes d’écailles du pangolin est la preuve que le Cameroun a un réservoir important de l’espèce. Dans un article publié par l’écrivain, Peguy Takou Ndié, on retient que 30à 40 000 individus sont tués par mois. A Yaoundé, le prix du pangolin oscille entre de 8 à 10 000 FCFA, selon la grosseur de l’animal. A un pas de là, des femmes font des bouillons. Un morceau de pangolin coûte soit 1000 FCFA ou 1500FCFA. Un animal mesure entre 150 cm et 200 cm et pèse au maximum 35 kg.  La ruée vers la chair du pangolin, reste le délice de sa chair ; ses vertus thérapeutiques. La consommation du pangolin est un médicament contre l’asthme, le psoriasis, et certains cancers. La chair augmente la virilité masculine.

Lors de la tenue à Johannesburg de la 17ème convention internationale sur le commerce d’espèces sauvages menacées d’extinction, qui s’est achevé le 05 octobre dernier à Johannesburg, les experts ont réitéré la nécessité de voir le pangolin inclut dans la liste des animaux interdit au braconnage.

© CAMERPOST par Augustin Tacham

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