Cameroun – Carte de presse : la commission Tchounkeu se déploie à douala

Severin Tchounkeu et les membres de la commission de la carte de presse ont fait le tour des rédactions de la ville de Douala | DR
Severin Tchounkeu et les membres de la commission de la carte de presse ont fait le tour des rédactions de la ville de Douala | DR

Le président de cette commission et ses membres font le tour des rédactions de la ville de Douala depuis ce mardi 02 février 2016 pour sensibiliser les journalistes et les patrons de presse sur la portée de la Carte de presse.

« Nous sommes là pour nous rassurer de ce que vous êtes prêts pour obtenir la carte de presse et vous rappeler les conditions à remplir pour obtenir ce précieux sésame ». Ce refrain, Séverin Tchounkeu, président de la Commission nationale de délivrance de la carte de presse et la délégation qui l’accompagnait l’ont répété dans toutes les entreprises de presse visitée ce mardi 2 février 2016 dans la capitale économique du Cameroun.

Dans la délégation, Yérima Kini Nsom, le responsable régional du journal The Post basé à Yaoundé, membre de cette Commission et Roland Messi, attaché au secrétariat permanant de cette organisation. Durant l’échange que cette commission a eu avec les journalistes et les patrons de medias, Severin Tchounkeu a expliqué que la carte de presse que sa Commission compte délivrer, a pour but d’organiser la profession de journaliste au Cameroun et de lui redorer son blason terni.  « Quel est ce métier que tout le monde prétend faire ? Des gens, parce qu’ils n’ont rien à faire, prétendent qu’ils sont journalistes. Même les « taximen », après leur travail, déclarent qu’ils sont journalistes. Il faut que cela cesse », a martelé avec autorité Severin Tchounkeu, choqué par le désordre qui mine la profession de journaliste.

 Tout en rappelant que l’honorabilité du journaliste camerounais est foulée au sol par des brebis galeuses qui errent dans ce métier, il a affirmé que la délivrance de la carte de presse viendra mettre fin à tout cafouillage. « Nous perdons beaucoup dans le désordre qui existe dans cette profession. Nous prenons des responsabilités devant l’histoire pour faire ce que nous sommes en train de faire. Faisons des efforts pour assainir notre profession », a souhaité celui qui est par ailleurs président du Groupe de presse La Nouvelle Expression et Equinoxe.  Rappelant que le journaliste est mieux traité sous d’autres cieux qu’au Cameroun, il a invité ses confères journalistes et ses collègues patrons de presse à déposer les dossiers avant le 28 février 2016 prochain, date buttoire.

Interrogé sur la situation des journalistes Freelance, Severin Tchounkeu a fait comprendre que les dossiers seront étudiés au cas par cas et que, si les éléments demandés sont fournis, il n’y aura pas de souci pour cette catégorie de journalistes.

Prenant la parole à la suite de son président, Yerima Kini Nsom, membre de cette commission va rappeler que la carte de presse aura également pour but de briser la barrière entre journalistes exerçant dans les médias à capitaux privés et publics. Car, elle ne portera pas le nom du média employant le journaliste. « La carte de presse c’est la carte d’identité professionnelle du journaliste. Pour l’avoir, il faudra montrer patte blanche. On ne la délivrera pas de manière automatique », précise-t-il.

 D’Equinoxe radio et télé en passant par La Nouvelle Expression, Dbs télévision et le groupe Spectrum, la Commission a précisé que cette Commission n’a pas encore perçu des fonds de fonctionnement comme d’aucuns l’affirment.  Et qu’elle fonctionne grâce aux sacrifices de ses membres.

Parlant de la convention collective qui est avancée par certains pour justifier la non adhésion à ce projet, il a déclaré qu’on ne peut appliquer cette convention que si on travaille avec des journalistes reconnus comme tels. Donc, le premier combat, c’est d’abord d’identifier ces journalistes-là, et le reste suivra. « La délivrance de la carte de presse n’est qu’un aspect de l’organisation de la profession de journaliste au Cameroun », a-t-il tenu à préciser.  La visite des autres rédactions de la ville de Douala se poursuit ce mercredi 3 février2016.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Hervé Villard Njiélé

Réaction

Samuel Tchouffa, (Grand reporter à Equinoxe Télevision) : « Beaucoup de souplesses dans la délivrance de la carte de presse »

 La commission de délivrance de la carte de presse a adopté beaucoup de souplesses dans la délivrance de la carte. En 2002 quand on sollicitait ce document, il fallait avoir passé au moins cinq ans dans un organe de presse pour prétendre avoir une carte de presse. Aujourd’hui, il suffit d’être un journaliste qui a un contrat de travail pour avoir une carte de presse.  La Commission de délivrance de la carte de presse a un grand chantier. J’espère qu’elle sera à la hauteur de la tâche qui l’attend. Car, il faut éradiquer les journalistes de la Rue Mermoz et du Hilton qui pullulent dans notre pays. Certains sont aujourd’hui des directeurs de publication. J’encourage les jeunes journalistes à chercher à avoir cette carte de presse. Même si ce n’est pas une fin en soi. Il faut d’abord l’avoir avant de se syndiquer et de défendre ses droits. Un autre souci majeur de la presse, c’est la mauvaise qualité des journalistes. Ceux-ci manquent parfois de formation et ne sont pas du tout cultivés. Après l’obtention de la carte de presse, il faudrait qu’ils pensent à faire des recyclages pour se mettre à niveau. Aujourd’hui avec les nouvelles technologies les journalistes sont plus sur facebook et sur Whatsapp. Obtenir une carte de presse ne suffit pas. Il faut travailler davantage pour mériter cette carte et inspirer le respect.

Recueillis par H.V.N.

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