Cameroun – Can 2016 : les petits pas du stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé

les petits pas du stade Ahmadou Ahidjo | DR
les petits pas du stade Ahmadou Ahidjo | DR

Ambiance sur le chantier repris par Arab contractor il y a quelques jours, après la brouille avec Sinohydro.

En cette matinée du 2 mars 2016, le soleil s’est vite déclaré. Ses rayons ont fini de s’inviter dans les domiciles, et poursuivent leur action à travers la nature. Aucune excuse pour un quelconque retardataire sur le chantier de réfection de l’aire de jeu du stade omnisport de Yaoundé. Les ouvriers ont le cœur à l’ouvrage, organisés en ateliers. Ici, un engin creuse des fouilles, là-bas, on a fini de démolir des marches d’un escalier, et on charge dans des camions qui font le va-et-vient, déversant leur contenant. Des tas de graviers disposés sur ce qui était encore la pelouse de l’antre de Mfandena. Dans les gradins, on prend des mesures, et on trace des repères, etc. Bref le travail bat son plein. Le temps presse. Les entreprises engagées dans la réfection du stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, avaient soixante-quinze jours pour rattraper le retard qu’accusait le Cameroun dans les chantiers des infrastructures sportives devant abriter la Coupe d’Afrique des nations (Can) féminine 2016 programmée en novembre 2016.

Après le dernier ultimatum du gouvernement, celui du secrétaire général des services du Premier ministre, près d’un mois s’est déjà écoulé. Beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Les «récalcitrants» ont été mis à l’écart, notamment Sinohydro qui s’est vu retirer plusieurs marchés. Aux yeux des autorités camerounaises, l’adjudicataire de près de 60% des marchés, était le principal responsable des retards. Aujourd’hui, c’est Arab contractor qui a repris lesdits marchés. Mais ce n’est pas encore l’agitation sur le terrain. Quelques dizaines d’hommes seulement sont en action sur le terrain. Nombre de personnes assises dans les tribunes ne sont pas des travailleurs au repos.

«Le 25 ou le 30 juin, vous verrez le gazon ici»

On ne parle pas ou pas encore de recrutement au moment où l’heure est à la vitesse. «On recrute en fonction du travail à faire. Même les engins ne peuvent pas venir stationner ici alors qu’on n’en a pas besoin, ni le matériel», relativise Rachid Ouldechikh, technical manager à Arab contractor. Mais «au 30 avril, on va atteindre la vitesse de croisière», promet le technicien. Indiquant que «en mars, on contracte tous les fournisseurs, et il y a des fournitures qui arriveront par avion. Après, on aura besoin d’un peu plus d’effectifs et on pourra avoir des travaux de nuit, surtout s’il y a des travaux de coulage de béton. Il faudra multiplier les équipes». Plus rassurant, l’expert annonce que «le 25 ou le 30 juin, vous verrez le gazon ici». Non sans préciser, «dans les conditions normales». Lesquelles ? Après quelques hésitations, le responsable technique s’accroche sur les conditions climatiques. Refoulant toute question sur le financement du projet, point qui, selon des sources crédibles, a divisé l’opérateur chinois et le gouvernement camerounais, en matière de financement des projets. «Nous on ne parle pas d’argent. Le gouvernement a choisi des entreprises de confiance, le travail sera bien fait. Ça va aller», se contente Rachid Ouldechikh.

Sécurité au rabais

Mais le volet sécuritaire semble encore négligé.  Sinohydro posait ce problème en son temps, sollicitant des autorités camerounaises un peu plus d’attention, notamment la présence d’agents de sécurité pour la protection des travailleurs durant la nuit. La présence d’enfants de la rue et autres badauds fumant de la drogue la nuit tombée et parfois même en journée dans les environs, ne facilitant pas le déploiement des ouvriers plus portés à préserver leur survie que de faire avancer le projet. Avec Arab contractor, rien ne semble avoir changé. Peut-être parce que le travail nocturne n’est pas encore à l’ordre du jour ? Toujours est-il que la consigne «Chantier interdit au public», ne semble pas avoir d’effet sur les désœuvrés. Et on peut voir des spectateurs accourir sur le chantier pour assister à la progression du travail. Parmi eux, des élèves dont la présence en cette journée du mercredi, aux premières heures des cours dans les différents établissements scolaires de la république, achève de convaincre tout enquêteur que tous ne sont pas d’éventuels chercheurs d’emploi ou de travailleurs au repos. En salle, une réunion des hauts responsables de toutes les entreprises engagées dans le chantier, avec des responsables de l’administration publique.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Lindovi Ndjio

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