Cameroun – Budget 2017 : la répartition des enveloppes

La répartition du Budget 2017 | Ph. © CT

La répartition des charges du budget général de la République du Cameroun pour l’exercice 2017 évalué à 4373,8 milliards de F est définitivement arrêtée. Le président de la République a promulgué, le 14 décembre 2016, la loi N°2016/018 du 14 décembre 2016 portant loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2017.

Désormais, on sait qui a droit à quoi. De plus, la comparaison du poids de l’enveloppe budgétaire de chaque administration suffit à identifier les secteurs prioritaires pour le gouvernement. Une dizaine au total. La plus grosse part revient aux Travaux publics. Le département ministériel en charge de ce domaine a droit à près de 462 milliards de F. Suivi par les Enseignements secondaires (près de 319 milliards de F), la Défense (près de 239 milliards de F), l’Education de base (222 milliards de F), la Santé publique (208 milliards de F), l’Eau et l’Energie (205 milliards de F), les Sports et l’Education physique (152 milliards de F environ), l’Habitat et le Développement urbain (138 milliards de F), l’Agriculture et le Développement rural (111 milliards de F).

Comme on peut le deviner, il ne s’agit pas de sommes stockées bien à l’abri dans un coffre-fort secret et prêtes à être distribuées. Le défi habituel reste pour le gouvernement de mobiliser tous ces milliards pour financer les projets identifiés dans chacun de ces secteurs, avec les retombées escomptées sur la création de richesses et d’emplois. Pour autant que le principe soit connu, les années se suivent, mais ne se ressemblent pas. 2017 arrive avec ses challenges et ses particularités. Dès le 1er janvier prochain, l’accord historique de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) prend effet pour une durée de six mois. Ce que le Cameroun, pays exportateur d’or noir peut en espérer, c’est un peu plus de ressources (par rapport à ses prévisions) provenant de la vente de son pétrole dont les cours sur le marché mondial vont certainement connaître une embellie (plus de 50 dollars), même s’ils resteront en deçà de leur niveau d’il y a bientôt trois ans, quand la précieuse ressource s’échangeait à plus de 100 dollars le baril en juin 2014.

Comme en 2015 et en 2016, l’Etat, dans sa stratégie de mobilisation de recettes budgétaires pour 2017, devra continuer de conjuguer avec la baisse des cours des matières premières. Aussi, l’insécurité entretenue par la secte Boko Haram qui oblige à redoubler de vigilance et de moyens reste-t-elle d’actualité. Fait nouveau, le budget 2017 est le premier qui a été préparé en tenant compte des incidences de l’Accord de partenariat économique (APE) d’étape en vigueur depuis août dernier. Accord scellé avec l’Union européenne et dont la mise en œuvre génère des pertes au niveau des recettes douanières.

L’Etat espère mobiliser 2519,13 milliards de F de recettes fiscales en 2017. C’est un peu plus de 200 milliards de F supplémentaires, par rapport à 2016. Pour mobiliser cet argent, dans un environnement visiblement difficile, de nouvelles mesures entrent en vigueur dès le début de la nouvelle année. En termes d’impôts nouveaux, les usagers peuvent retenir, entre autres, qu’ils paieront désormais une taxe de séjour sur les nuitées passées dans les établissements hôteliers, classées ou non. De 500 à 5000 F par nuitée, selon le nombre d’étoiles. Ils devront aussi débourser plus que d’habitude pour obtenir un timbre communal. Au lieu de 200 F, c’est dorénavant 600 F pour un document de format inférieur ou égal à une page de format A4. Pour les formats supérieurs, il faudra débourser 1000 F, soit 600 F de plus que d’habitude.

La création de richesses n’opérant que dans un milieu favorable aux affaires, de nouvelles mesures incitatives ont été prises dans ce sens. Le plus remarquable concerne sans doute l’agriculture. Les intentions du gouvernement dans ce secteur sont claires : inciter les jeunes à s’y investir. Pour cela, dès 2017, les entreprises ayant pour activités l’agriculture, l’élevage et la pêche seront dispensées des charges fiscales et patronales sur les salaires versés par les exploitants individuels aux ouvriers agricoles saisonniers. Pour ne citer que cela. Toujours dans le monde des affaires, les sociétés qui émettront à compter du 1er janvier prochain des titres sur le marché obligataire de la bourse du Cameroun, verront leur taux d’impôt sur les sociétés réduit de 25% pendant trois ans à compter de 2017. Un moyen pour l’Etat d’ouvrir d’autres champs de financement aux entreprises dont l’expansion est trop souvent freinée par le difficile accès au crédit bancaire. Pour l’année 2017, le gouvernement projette un taux de croissance du Produit intérieur brut de 6% et un taux d’inflation de 3%.

Source : © Cameroon Tribune

Par Josiane TCHAKOUNTE