Cameroun – Braconnage : la lutte contre le trafic des pointes d’ivoire dans l’Est du pays est inefficace

Des pointes d'ivoire saisies et brûlées à Yaoundé | © AFP / AMOS GUMULIRA / ILLUSTRATION
Des pointes d’ivoire saisies et brûlées à Yaoundé | © AFP / AMOS GUMULIRA / ILLUSTRATION

L’abattage illégal sans cesse croissant des éléphants favorise le commerce illégal de l’ivoire. Une lutte presque perdue pour plusieurs raisons.

En l’espace de trois mois, plus de 36 pointes d’ivoires saisies dont 25 à Girbi (30 km de Yokadouma en août), 11 à Kika petite localité frontalière du Congo-Brazzaville. Au début de ce mois, un trafiquant pris dans les mailles du filet à Douala en possession de 100 objets d’art en ivoire sculptés. Des chiffres loin de la réalité, puisque visiblement, l’ennemi ne dort pas. La plupart des arrestations sont faites dans la zone de l’Est Cameroun.

Le commerce illicite de l’ivoire est étroitement lié au braconnage des éléphants. En 2015, plus de 187 pointes d’ivoire avaient été saisies à Nsimalen près de Yaoundé en provenance de la région de l’Est. Les études menées montrent visiblement que la chasse de l’éléphant n’a pas pour objet, la chair du pachyderme mais le juteux commerce de l’ivoire. Selon le commandant de la brigade de gendarmerie de Kika cité par le quotidien, Le Messager du 12 octobre, lors de la présentation à la presse de deux trafiquants d’ivoire arrêté à l’Est du Cameroun, le trafic de l’ivoire obéit à une logique de réseaux.

La causalité

Le commandant de la brigade de Kika, estime que le phénomène a trouvé un cadre propice à l’extension du phénomène «  en raison de la riche faune et flore qui se trouve dans cette localité qui couvre une partie du Parc national Lobéké ».

D’autres causes résident dans la facile acquisition des armes dans les pays voisins. Une position  concordante avec cette déclaration du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Mon, cité par un rapport conjoint du  (PNUD), (CITES) et  (Traffic), intitulé, Elephants in the Dust, concernant la criminalité faunique « ces réseaux criminels agissent avec une relative impunité. Presque rien  ne permet d’affirmer qu’ils sont activement arrêtés, poursuivis et condamnés ».

La porosité des frontières, est un autre facteur. Depuis 2013, la frontière Est du Cameroun fait l’objet de multiples incursions des bandes armées inconnues du fait de l’instabilité politique en Centrafrique, pays voisin à la zone de l’Est. Dans le même rapport, le Secrétaire Général des Nations, précise que : « les braconniers utilisent des armes de plus en plus puissants et sophistiqués, dont certaines proviennent croit-on savoir, des retombées de la Libye ». En 2012, près de 500 éléphants avaient été tués par des hommes armés venus du Soudan dans le parc national de Bouba Ndjida avec des armes de guerre en un temps record.

D’autres facteurs du commerce illicite de l’ivoire, on notera selon le journal, Le Messager: le trafic d’influence des personnalités impliquées dans le trafic, la corruption qui gangrène le secteur de la justice avec des condamnations parfois discutables, entre autres.

Cependant les moyens de lutte ne manquent. Selon le SG des nations Unies «  au Cameroun, l’armée a été appelée en renfort des services de répression et de maintien de l’ordre pour traquer les braconniers » a-t-il recommandé.

Parti de quelques millions d’éléphants au début du siècle, on estime à ce jour entre 420 000 et 650 000 bêtes en Afrique. La fin des éléphants présage la disparition des pointes d’ivoire.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz