Cameroun : Boko Haram se paye l’affiche politique et sécuritaire en 2015

Capture d'écran de la vidéo diffusée, mardi 17 février 2015, qui met en scène Abubakar Shekau, le leader de Boko Haram. | BOKO HARAM
Capture d’écran de la vidéo diffusée, mardi 17 février 2015, qui met en scène Abubakar Shekau, le leader de Boko Haram. | BOKO HARAM

Les exactions de la secte islamiste Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord auront tenu le haut de l’actualité camerounaise pendant l’année 2015.

Les actes terroristes, qui ont atteint la région voisine du Nord, ont ainsi été marqués de manière hebdomadaire par des attaques soudaines, désormais mêlées au phénomène des attentats kamikazes mais aussi des bombes à sous munitions ayant fait des dizaines de morts en majorité des civils.

Du fait des mêmes exactions dans le Nigeria voisin, le Cameroun a également connu un afflux de réfugiés qui, selon le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, «a mis à mal les capacités d’accueil disponibles».

À titre d’illustration, a-t-il récemment indiqué, le camp de Minawao (Extrême-Nord), prévu pour accueillir 18.000 réfugiés au maximum, en est aujourd’hui à 52.000 personnes, et ce sans compter quelque 100.000 Camerounais ayant fui leurs propres villages attaqués.

Dans sa croisade contre le terrorisme, le Cameroun bénéficie du soutien logistique et en hommes notamment de la Chine, des Etats-Unis, de la France ou encore de la Russie, sans oublier la Force multinationale mixte (FMM) placée sous l’égide des Nations Unies, et qui se compose de 8700 soldats dont 3750 Nigérians, 3000 Tchadiens, 2650 Camerounais, 1000 Nigériens et 750 Béninois.

Toujours est-il que les opérations de l’armée nationale sur le terrain ont fait l’objet de dénonciations par Amnesty International, qui dans un rapport publié le 15 septembre dernier a dénoncé «les violations des droits de l’homme commises par ses forces de sécurité» camerounaises, coupables selon l’ONG «de crimes au regard du droit international et d’autres violations des droits humains».

En réponse, le ministre délégué à la Défense, Joseph beti Assomo, en poste depuis le 2 octobre, a pris des «sanctions disciplinaires exemplaires» à l’endroit de certains militaires en zone d’engagement, «été reconnus coupables de faits graves avérés contre l’honneur et l’éthique des forces de défense» dont certains ont été purement et simplement révoqués.

Face à un mouvement jihadiste «défait sur le terrain des opérations militaires», et qui «fait désormais feu de tout bois pour semer le doute dans l’esprit des uns et des autres et tenter de démobiliser» les Forces de défense et de sécurité au plan moral, selon les termes de M. Tchiroma, on a assisté à un élan mobilisateur sans précédent des populations.

Ainsi, selon le président du comité ad hoc chargé de la gestion des dons à l’armée et aux populations victimes des attaques, Emmanuel René Sadi, environ 2,3 milliards FCFA de dons en espèces ont été recueillis à mi-septembre 2015, logés dans le compte spécial d’affectation ouvert par le chef de l’Etat, ce à quoi s’ajoutent 1000 tonnes de denrées alimentaires constituées entre autres d’eau, de conserves et autres vivres.

© CAMERPOST avec © APA