Cameroun – Blessures et morts par accident : Qui est responsable ?

Ce qui reste du bus de transport inter-urbain de l'agence Binam Voyage | © Facebook
Ce qui reste du bus de transport inter-urbain de l’agence Binam Voyage | © Facebook

Blessés et familles des personnes décédées laissent généralement les auteurs de ces drames s’en tirer sans peine.

Le 8 janvier dernier, le chauffeur d’un car Coaster de la compagnie « Binam Voyages » a entraîné la mort de vingt personnes aux environs de deux heures du matin, au lieu-dit Bape Mondial, à douze kilomètres de Bafia. Sur l’axe Yaoundé – Bafoussam. En dehors de ces décès, d’autres personnes ont été blessées dans cet accident de la route, dont six grièvement mutilées. Selon un communiqué du ministre des Transports (Mint), Edgard Alain Mebe Ngo’o, signé le même jour, le car est entré en collision avec un camion chargé de planches, en panne, mal garé, sans signalisation. « Les causes de cet accident mortel de la circulation sont : le non-respect des règles de la circulation routière, notamment celles applicables à la limitation de vitesse, à la surcharge et au mauvais stationnement », assure le Mint. Le communiqué se termine avec les condoléances du gouvernement aux familles des victimes et sur une promesse de sanctionner les auteurs de ce grave accident, conformément à la règlementation en vigueur.

C’est donc sans surprise que l’opinion publique a appris, lundi 11 janvier dernier, la suspension du permis de conduire de sieur Demanou Pierre, conducteur du car Coaster impliqué dans l’accident, pour une période d’un an. Et ce, sans préjudice des poursuites judiciaires éventuelles à son encontre. Il reste cependant la question des dommages corporels et autres préjudices subis par les usagers de cette compagnie de transport en commun. Dans les rues et les chaumières, les populations sont perplexes. « Que va-t-il se passer pour les blessés, surtout ceux qui sortiront handicapés de cet accident ? Et pour les morts et leurs familles, qui va payer ? Les familles peuvent-elles obtenir réparation ? » s’interroge-t-on ici et là.

En baisse dans le pays depuis quelques mois, les accidents de la route n’en demeurent pas moins des drames à éliminer définitivement du secteur du transport. D’après les statistiques disponibles au ministère dédié, l’on est passé de 3676 accidents de la circulation en 2010 à 951 entre janvier et juin 2014. De 1588 morts à 386 dans la même période. Mais des centaines de personnes vivent avec un handicap physique, tandis que des millions de survivants traînent un choc psychologique. Toutes ces personnes ont besoin de savoir ce que le législateur a prévu dans leurs différents cas.

Source : © Cameroon Tribune

Par Yvette MBASSI-BIKEL

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