Cameroun : Bernard Njonga démissionne de l’Acdic – 14/10/2014

L’activiste social parle des « convenances personnelles ». Il a déposé sa démission ce 13 octobre 2014 à Yaoundé.

Bernard Njonga. Photo d'archives
Bernard Njonga. Photo d’archives

L’annonce a été faite à Yaoundé ce 13 octobre 2013. Bernard Njonga quitte la présidence de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic). Ce après 11 ans à la tête de cette organisation non-gouvernementale. L’ingénieur de conception en agronomie par pour des « convenances personnelles ». Sans plus. Des informations concordantes l’annonce à la tête du nouveau parti politique dénommé Crac. C’est probablement la raison pour laquelle, l’activiste social, dans le communiqué qui annonce sa démission, déclare : « Nous nous reverrons probablement dans le cadre de nouveaux combats, et j’espère alors que vous continuerez à nous soutenir», a-t-il ajouté, donnant rendez-vous à l’opinion publique «dans les prochains jours afin de dévoiler [ses] nouveaux chantiers ».

Durant son règne à la présidence de l’Acdic, Bernard Njonga a multiplié des initiatives visant à l’avènement d’une politique de souveraineté alimentaire au Cameroun. Il a lutté contre les importations de poulets congelés ; milité pour la relance de la filière agricole, plaidé pour la subvention de l’agriculture camerounaise, fait le réquisitoire contre des solutions inappropriées aux vrais problèmes agricoles, mené la campagne « zéro produit alimentaire importé » au Comice agropastoral d’Ebolowa en 2011, mené le « plaidoyer pour le consommer camerounais ». C’est également sous sa direction que l’Acdic a dénoncé la « répartition scandaleuse entre les ministres et autres personnalités proches du pouvoir » de 60 tracteurs destinés à un test de fiabilité et qui se sont retrouvés dans des parkings privés. En dehors de l’animation d’une émission agricole baptisée « Fréquences agricoles » diffusée sur une douzaine de radios rurales, il a proposé un «Pacte pour le développement rural» aux candidats à l’élection présidentielle de 2011, signé par 19 des 23 postulants. Il a ensuite engagé une campagne de sensibilisation pour la propreté des édifices publics.

Bernard Njonga est sorti de l’Ecole nationale supérieure agronomique (Ensa) de Yaoundé en 1984. Après trois années passées à l’Institut de recherche agronomique de Yaoundé (Irad) de Yaoundé, il démissionne pour des raisons « de commodités personnelles et de [son] attirance pour le monde rural ». Il est l’un des pionniers du Service d’appui aux initiatives locales de développement (Saild), dont il deviendra le secrétaire général jusqu’en 2003. Il met en place le journal La voix du paysan et le Centre de documentation pour le développement rural (Cddr) pour la vulgarisation à très grande échelle des techniques agricoles. Il quitte l’organisation pour créer l’Acdic après avoir constaté que celle-ci s’épuisait à apprendre aux paysans à gratter la terre pour une meilleure productivité alors que « des actes et des décisions hautement plus destructrices du quotidien de ces vaillants producteurs se prennent en ville, dans les administrations, les milieux d’affaires et autre Parlement ». Il déclare qu’« en trente années cumulées dans les milieux paysans, s’il y a une chose dont je suis plus que jamais convaincu, c’est que les solutions aux problématiques de développement rural sont éminemment politiques. Rien à faire. C’est aux politiques que reviennent les décisions qui impactent, durablement, sur la vie des populations camerounaises». Le prochain combat est attendu !

© Camer Post – Frank William BATCHOU

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