Cameroun – Bavure policière : Le garde du corps du vice-président d’Elecam abat un commerçant – 06/05/2014

L’inspecteur de police principal, Atangana Arbogaste, en service au Gso, mais depuis des mois en détachement à Elecam où, il assure, la grade du vice-président du Conseil électoral, est accusé d’avoir ouvert le feu sur Tshanou Jaurès, qui a succombé quelques heures plus tard aux urgences de l’hôpital central de Yaoundé.

Crime passionnel pour certains, zèle, meurtre par excès d’ivresse et absence de retenue pour d’autres. Les populations du quartier Mvog-Mbi à Yaoundé, ont vécu un jeudi noir. Un 1er mai fatal. La scène macabre se déroule à l’auberge dénommée « Hollywood » au carrefour « Coron ». Après une journée de fête de travail bien arrosée d’alcool, le garde du corps de l’ex-bâtonnier, Me Ebanga Ewodo, vice-président du Conseil électoral d’Elecam, se serait rendu à l’auberge où il avait rendez-vous avec une dame. « Il est venu, accompagné de deux de ses amis dont un enseignant et un militaire qui, d’après certaines informations, serait révoqué de l’armée. Préalablement, il a fait la réservation d’une chambre qui, à la dernière minute, n’était plus disponible. Il a piqué un accès de colère ; les responsables de l’auberge ont décidé de lui affecter une autre chambre » avoue un témoin. A le croire, une vive altercation intervient au moment où, les trois compères, voyant la concierge faire la literie de la chambre de fortune, ont eu l’idée d’abuser sexuellement de la «proie facile» lancent des témoins rencontrés sur les lieux.

«Le refus de la concierge de céder aux fantasmes des trois mâles qui voulaient la violer, a envenimé l’affaire jusqu’à ce qu’accourent des voisins qui réussissent à délivrer la dame détenue captive. Sous l’emprise de l’alcool, Atangana Arbogaste, n’a rien voulu entendre ; il a continué à s’emporter contre toute la clientèle de l’auberge» signale un proche parent de la concierge. Par la suite, tout est allé très vite.

De l’appel de la mort à la balle criminelle

A en croire certaines sources, la victime, Tshanou Jaurès, tué par balle, est un commerçant, enregistré comme client à l’auberge. Après avoir essayé en vain de contenir l’inspecteur de police principal, Atangana Arbogaste dont la colère montait, le commerçant aurait fait des remontrances au garde du corps du vice-président du Conseil électoral d’Elecam qui n’a pas digéré l’outrecuidance de ce donneur de leçon. Des informations collectées sur les lieux du crime, affirment que le policier est entré dans la chambre d’où il est revenu, muni de son arme ; il a tiré à bout portant sur son vis-à vis. Imparable, la balle a traversé le crâne de la victime, qui rendra l’âme quelques heures après aux urgences de l’hôpital central de Yaoundé. Arrivés sur les lieux, le commissaire de police et ses éléments, parviennent à extirper les trois compères qui échappent de justesse à la vindicte populaire. Si pour certains, il s’agit d’une bavure policière, volontaire rendue possible par l’excès d’alcool, l’on peut s’interroger par le manque de maîtrise d’un garde du corps, assigné à assurer la sécurité du vice-président du Conseil électoral d’Elecam.

Selon des sources proches de l’inspecteur de police principal, ce dernier dans sa défense, affirme tout naturellement s’être senti en insécurité, ce qui l’aurait poussé à ouvrir le feu, en situation de légitime défense. « Au moment où, je vous prends au téléphone, vous me réveillez ; car c’est dimanche » a répondu le vice-président du Conseil électoral. Joint au téléphone par Le Messager, l’ex-bâtonnier a à peine suivi l’objet de l’appel qu’il a raccroché. D’autres tentatives d’appel resteront vaines. Nonobstant qu’il y a mort d’homme. Appelé lui aussi au téléphone par son numéro, au lieu d’avoir en ligne l’inspecteur de police principal, Atangana Arbogast, une voix anonyme nous a indiqué que le garde du corps n’était pas en possession de son téléphone portable. Sans s’étendre sur le sujet, l’interlocuteur que nous avons eu au bout du fil, a confirmé que le garde du corps est détenu au Gmi, où, il a des soucis avec la police. En attendant la manifestation de la vérité, les trois compères sont gardés à vue.

Source : © Le Messager

Par Souley ONOHIOLO