Cameroun – Bangangté : flou autour de l’assassinat du français Patrick Morel

Une vue de la ville de Bangangté | Photo d'illustration
Une vue de la ville de Bangangté | Photo d’illustration

Un présumé assassin est passé aux aveux ce lundi 11 juillet 2016. Mais des incohérences surgissent de ses déclarations.

Yannick Dorgelles Sandio Saha serait l’assassin de Patrick Morel. Le jeune homme âgé de 24 ans qui s’est rendu aux forces de l’ordre,  a été présenté à la presse ce lundi 11 juillet 2016, à la division régionale de la police judiciaire de l’Ouest. Devant les micros des médias présents, il a clairement avoué avoir commis le forfait. Si ses déclarations peuvent suffire pour lui coller l’étiquette de meurtrier, elles ne permettent cependant pas de comprendre s’il a agi de son propre gré. De même que sa posture. L’aisance avec laquelle il a reconnu son crime laisse perplexe. « On aura beau dire que c’est quelqu’un qui m’a envoyé pour tuer ce monsieur, mais ce n’est pas le cas », a-t-il nié d’emblée, reconnaissant par la suite avoir commis l’acte de lui-même. « Jusqu’à preuve du contraire, je n’ai pas eu le temps d’expliquer à quelqu’un ce qui s’était réellement passé, parce que j’étais énormément troublé », a-t-il poursuivi. Au moment où il assène Patrick Morel de gourdin, Yannick Dorgelles dit avoir au préalable vu, non pas un homme, mais plutôt un serpent. « Quand je frappais sur lui, ce n’était pas sur un être humain que je frappais, je frappais sur un serpent. Il est mort entre mes mains, et on a eu à dialoguer pendant longtemps. Je n’ai rien pris chez lui, il faut qu’on le sache, j’ai tout laissé sur place. Il m’a même fait des aveux, il m’a expliqué certaines choses que je devais expliquer à sa femme. J’aurais dû me rendre plutôt auprès de sa femme pour essayer de lui expliquer ce qui s’est passé et qu’elle me conduise auprès de la justice. Car je suis certain d’une chose, je ne suis pas un meurtrier », a déroulé le présumé coupable qui dit n’avoir jamais tué, ni volé (par le passé visiblement). « Je suis prêt à aller en prison, ce n’est pas ça qui me fait peur, je me serais même suicidé quelques temps après parce que je n’arrive pas à supporter cela. La prison ne fait pas peur, elle n’est rien par rapport à ce que je suis en train de vivre psychologiquement. Au moment où je frappais c’était un serpent, il n’est pas exclu que quelqu’un l’ait transformé en serpent pour que j’aille le frapper. Lorsqu’il a repris la forme humaine, j’ai tenté de le sauver en prenant les clés de sa voiture pour le conduire à l’hôpital, mais je n’ai pas de permis », a confessé Yannick Dorgelles. Après son présumé coup, il dit avoir trouvé le contact de l’épouse de sa victime dans son répertoire téléphonique pour annoncer le décès de Patrick Morel.

Meurtre commandité ?

Agé d’une cinquantaine d’années, Patrick Morel a été retrouvé sans vie et gisant dans une mare de sang dans son domicile sis au quartier 4 à Bangangté, dans la soirée du samedi 11 juin dernier. Ce sont des inquiétudes de son épouse qui tentait en vain de le joindre qui auraient conduit à la découverte du corps. En effet apprend-on, constatant que son époux ne décrochait pas au téléphone malgré son insistance, elle va joindre certains de ses collaborateurs, leur demandant d’aller aux nouvelles de son mari. Rendus au domicile de ce dernier, ils vont plutôt découvrir le corps de l’infortuné allongé au sol, baignant dans une mare de sang. Illico presto, ils vont joindre les autorités administrative et judiciaire de la ville qui effectueront une descente sur le lieu de la triste découverte. Le mystère a persisté autour de l’enquête jusqu’à cette sortie de ce présumé assassin qui n’est autre que son ancien voisin.

Patrick Morel séjournait en effet dans le chef-lieu du département du Ndé depuis environ six mois. Ingénieur de formation, il était l’un des contrôleurs des travaux du chantier d’extension du Campus de l’université des Montagnes, à Banékané.

Le meurtre de Patrick Morel ressemble bien à un meurtre commandité. Après le forfait en effet, un numéro a envoyé des sms à certains hommes de médias pour annoncer la nouvelle. Le contact est resté joignable pendant quelques heures, avant de disparaître du réseau.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Vivien Tonfack