Cameroun – Bamenda : Des populations assiègent la police judiciaire

Une marche de solidarité à l'endroit des populations, à l'appel des sénéteurs et des députés des deux principaux partis d'opposition à Bamenda. | Ph. © BBC Afrique
Une marche de solidarité à l’endroit des populations, à l’appel des sénéteurs et des députés des deux principaux partis d’opposition à Bamenda. | Ph. © BBC Afrique

Elles y ont exigé et obtenu la libération d’un présumé fauteur de troubles, interpellé plus tôt par des policiers.

Le climat social a été une fois de plus perturbé à Bamenda, hier mercredi 30 novembre 2016, où des policiers ont eu maille à partir avec des manifestants, notamment des conducteurs de moto. Selon des témoignages concordants, ces derniers ont débarqué à la Division régionale de la police judiciaire (Drpj) du Nord-Ouest à Bamenda pour obtenir la mise en liberté de Benjamin Nji, l’un des présumés organisateurs des manifestations enregistrées la semaine dernière dans le chef-lieu du département de la Mezam.

Une foule nombreuse qui a pris d’assaut les locaux de la Drpj, situés au quartier Old Town à Bamenda, peu après l’interpellation de Benjamin Nji, intervenue avant 12h. «Des policiers l’ont arrêté à l’entrée du marché central à Bamenda», reconnaît une source. Le compagnon de Mancho Bbc, autre acteur recherché des grèves ayant secoué Bamenda, est conduit dans les locaux de la Prpj. La nouvelle se répand jusqu’aux conducteurs de moto qui ne s’abstiennent pas. Les plus belliqueux foncent vers la Drpj en alertant les autres.

Le nombre de manifestants s’agrandit. Au point où dans la foule compacte, certains envisagent de s’attaquer à cette unité de la police nationale. Dans l’intervalle, le gouverneur de la région du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique, est au courant du mauvais vent qui souffle à nouveau sur cette ville. Ce qui l’oblige à y effectuer une descente, en compagnie de son état-major. Dans son message, le gouverneur exhorte les conducteurs de moto à prendre des mesures pour «maintenir la paix», tout en souhaitant qu’ils soient vigilants par rapport à ceux qui sont animés par le désordre.

Tout comme le Chairman du social Democratic Front (sdf), John Fru Ndi, arrivé également à cet endroit, a demandé aux manifestants de se calmer. En plus, m. Fru Ndi a condamné l’attitude des forces du maintien de l’ordre qui sillonnent Bamenda, armées jusqu’aux dents. Les négociations entreprises aboutissent à la libération de Benjamin Nji, ce commerçant de profession qui aurait contribué, pensent des policiers, à haranguer des foules, il y a quelques jours à Bamenda.

La police a donc évité des débordements, en laissant en liberté un homme dont les facultés mentales font l’objet d’un questionnement dans plusieurs milieux. Au moment où nous allions sous presse hier soir, Bamenda était redevenue une ville calme. Puisqu’après 16h30, la fluidité de la circulation reprenait progressivement sur des tronçons routiers encombrés.

Source : © Mutations

Par Michel Ferdinand

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