Cameroun – Bafoussam : Un policier écope de trois ans de prison à cause d’une bière – 09/04/2015

Une vue de la vile de Bafoussam | Photo d'illustration
Une vue de la vile de Bafoussam | Photo d’illustration

Le gardien de la paix Jean de Dieu Ndimzong, a été reconnu coupable ce lundi 6 avril 2015, d’homicide d’un homme dans un débit de boisson, à cause d’une bière.

Même s’il ne verra plus jamais son fils, Fidèle Bogning est néanmoins soulagé. La plainte qu’il avait portée en janvier, contre le gardien de la paix Jean de Dieu Dimzong pour assassinat de son fils, le nommé Jean Paul Tiogno, vient de connaitre son épilogue. Le tribunal de grande instance de Bafoussam a en effet rendu son verdict ce lundi 6 avril 2015. Lequel, condamne le policier accusé, en service au commissariat de sécurité publique n°3 de Bafoussam, à trois ans de prison avec sursis, assortie d’une somme de 200 000 Fcfa, à payer au tribunal. Quant à la réparation du préjudice, la partie plaignante a préféré se résoudre à ne rien percevoir ; « puisque, ça ne permettra pas de ramener à la vie le défunt », a expliqué Fidèle Bogning.

Les faits

L’histoire remonte au 8 janvier 2015. Se désaltérant dans un débit de boisson, Jean Paul Tiogno est apostrophé par le gardien de la paix Jean de Dieu Dimzong qui venait d’abandonner son poste de travail. Après avoir cédé sans broncher à la première demande, cet homme âgé de 35 ans refuse d’offrir la seconde bière comme le souhaitait ce policier en service au commissariat de sécurité publique n°3 de Bafoussam. Un refus qui va provoquer l’ire de l’homme en tenue. De prime abord, il va extérioriser son courroux à travers des insultes. Acculé par ces propos discourtois, il finit par perdre patience et réplique.

Le policier saute alors sur le civil et l’assène sans réserve de coups de poing, sous les regards impuissants d’une foule médusée. Après cet acte de barbarie, le policier abandonne sa victime dans un état comateux. À l’hôpital régional de Bafoussam où Jean Paul Tiogno a été conduit dans un premier temps, le diagnostic révèlera qu’il souffre d’une hémorragie cérébrale. Evacué d’urgence dans un hôpital plus approprié à Yaoundé, il décèdera quelques jours plus tard, précisément le 17 janvier.

Furieux, les proches de la victime assiègent le commissariat de sécurité publique de Bafoussam n°3 avec le corps du leur, dans l’intention de mettre cette unité de la police sens dessus dessous. Alerté, les autorités de la région descendent promptement sur le site et usent de tact pour appeler les mécontents au calme. Et d’éviter une immixtion des badauds, qui aurait pu transformer la situation, en émeute. Les autorités avaient rassuré la famille de la victime de ce qu’elles devaient prendre en charge tous les frais liés à l’organisation des obsèques.

Malgré ces assurances la famille ne va pas se raviser de porter l’affaire devant la juridiction compétente qui a rendu son verdict ce lundi 6 avril 2015. Avant le rendu du délibéré, le procureur de la république près le Tgi de Bafoussam, a suggéré que la sentence soit la plus sévère possible, afin dit-il, de marteler à ces fonctionnaires de la police qu’ils se leurrent de croire que leur statut d’homme en tenue, fait d’eux de facto, des invulnérables devant la justice.

Source : © La Nouvelle Expression

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