Cameroun : Les avocats mobilisés pour la lutte contre le terrorisme

Le ministre de la Justice, Laurent Esso, au 31e congrès de la CIB | Ph. © CT

Plus de 1200 praticiens sont réunis à Yaoundé dans le cadre du 31e congrès de la CIB ouvert par le représentant personnel du président de la République, le ministre d’Etat Laurent Esso.  Pour le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Cameroun, Me Jackson Francis Ngnie Kamga, c’est un record dans l’histoire de la Conférence internationale des barreaux de tradition juridique commune (CIB) que le pays abrite pour la troisième fois. Et cela tombe bien, car le thème choisi pour cette grand-messe constitue une problématique majeure pour notre époque. Pendant trois jours, hommes et femmes en robes noires échangeront donc sur : « L’Etat de droit face aux nouveaux défis sécuritaires, mythe ou réalité ».

Me Nico Halle, président de l’Assemblée générale du barreau du Cameroun, premier à prendre la parole, a précisé l’intérêt du sujet pour la corporation, dans un discours haut en couleurs délivré dans les deux langues officielles du pays : « L’avocat doit s’assurer que la paix règne dans son pays ». Dans les onze discours qui ont suivi, prononcés tour à tour par des ténors de la profession d’avocat, des jeunes pousses prometteuses, des universitaires et autres diplomates, le public va être édifié sur l’histoire et le parcours de l’institution. De même que relativement au sujet central. Les actes de violence en général et de terrorisme, particulièrement, tel qu’ils se propagent aujourd’hui sont difficiles à prévenir. Devant cette menace, la tentation est forte pour les Etats de restreindre les libertés individuelles ou collectives et d’effectuer des incursions illégales dans la vie privée des populations. Ainsi, certains ont adopté des lois anti-terroristes dures et des mesures contraignantes.

Il s’agit maintenant de savoir jusqu’à quel niveau l’Etat peut aller dans ces mécanismes de prévention ou de protection. « Il est nécessaire de préserver un équilibre entre sécurité d’une part, et respect des libertés fondamentales d’autre part », a soutenu le bâtonnier Jackson Ngnie Kamga. C’est après que l’ambassadeur Françoise Collet, chef de la délégation de l’Union européenne, a recommandé : « Ne combattons pas le feu avec le feu ». Pour le ministre d’Etat, ministre de la Justice, garde des Sceaux, Laurent Esso, représentant le président de la République à ces assises, ce dernier a tracé la voie à suivre pour le Cameroun.

« Fidèle à son engagement au sein de la Communauté internationale pour le respect des droits inaliénables de la personne humaine en toutes circonstances, le Cameroun a choisi l’option de combattre la secte terroriste Boko Haram en se conformant aux exigences de l’Etat de droit. Ainsi, bien qu’ayant été amené à faire adopter des lois spéciales pour faire face à une situation elle-même spéciale, le gouvernement a veillé à assurer à toutes les personnes mises en cause les garanties d’un procès équitable », a succinctement déclaré le représentant du chef de l’Etat

Source : © Cameroon Tribune

Par Yvette MBASS

  • donné leurs les armes pour qu’ils luttent contre le BH eux même