Cameroun : les auteurs de la mendicité s’exposent désormais à de lourdes sanctions

Les auteurs de la mendicité s’exposent désormais à de lourdes sanctions | Photo d'illustration
Les auteurs de la mendicité s’exposent désormais à de lourdes sanctions | Photo d’illustration

Les articles 245 et 246 du nouveau Code pénal sanctionnent les actes de mendicité simple et de mendicité aggravée à des peines allant jusqu’à 6 ans de prison à 1 million de Fcfa.

L’article 245 stipule: “est punir d’un emprisonnement de trois (03) mois à trois (03) ans, et d’une amende de 50 000 à 500 000 Fcfa, celui qui, ayant les moyens de subsistance, ou pouvant se les procurer par le travail, sollicite la charité en quelque lieu que ce soit.”

Dans l’article 246 intitulé “mendicité aggravée “, « Est puni d’un emprisonnement de six (6) mois à (6) ans, et d’une amende de 100 000 à 1 million de Fcfa, le mendiant même invalide ou démuni de ressources, qui sollicite la charité dans l’une des circonstances suivantes:

– En usant d’injures, de menaces ou de violences.
– En entrant sans permission de l’occupant dans une habitation, un enclos en dépendant.
– En simulant des plaies ou un handicap pour tromper la vigilance d’autrui.
– En groupe, à moins que ce ne soient, le mari et la femme, le père ou la mère et leurs enfants, l’aveugle et son conducteur.”

En effet, la mendicité est une pratique qui prend de proportions inquiétantes dans les grandes villes du Cameroun, Douala et Yaoundé notamment. Devant les bureaux administratifs, voire à l’intérieur, dans les marchés, les rues, les mosquées, les églises et autres lieux publics, on se frotte aux mendiants un peu partout au Cameroun. Ils sont de tous âges, jeunes, moins jeunes, adultes plus ou moins invalides, parfois des personnes visiblement en bonne santé, disposant de tous les membres du corps.

Le phénomène semble avoir prend de l’ampleur ces dernières années à la faveur de l’exode rural, mais aussi à cause des problèmes d’insécurité, de l’irresponsabilité de certains parents, du désir de l’aventure ou de la précarité ambiante.

Pour l’opinion publique, les responsabilités sont partagées entre les pouvoirs publics et la société qui, en dépit des efforts encourageants faits pour l’encadrement des nécessiteux, n’ont pas pu mettre sur place des mesures fortes et de suivi à long terme.

C’est pourquoi les avis sont d’ailleurs divisés sur la pertinence de ces nouveaux articles qui réprimandent la mendicité dans un contexte où le climat économique n’est pas toujours favorable et où les actions gouvernementales prennent difficilement corps sur le plan concret. L’homme de la rue aurait plutôt souhaité que les articles sur les parlementaires disent explictement non aux pratiques homosexuelles et à la peine de mort, en valorisant la polygamie chère aux Africains en général.

Le nouveau Code pénal contient certes des innovations qui font avancer le Cameroun, mais il n’en demeure pas moins qu’il présente des dispositions de loi que l’opinion estime « superflues » Cliquez ici pour en savoir plus sur le nouveau Code pénal.

Source : © CRTV

Par Dieudonné Zra

 

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