Cameroun – Attentat de Nguetchewe : Quand Boko Haram change de stratégie

Les environs du Lac Tchad sont régulièrement la cible d'attaques de Boko Haram, comme ici à Ngouboua (avril 2015). | © AFP / PHILIPPE DESMAZES
Les environs du Lac Tchad sont régulièrement la cible d’attaques de Boko Haram, comme ici à Ngouboua (avril 2015). | © AFP / PHILIPPE DESMAZES

En plus de viser davantage les prières du matin dans les mosquées, la secte islamique utilise désormais des adultes pour commettre leurs exactions.

La guerre qui oppose le Cameroun à Boko Haram vient à nouveau de connaitre une autre phase. Les assaillants qui sont de plus en plus acculés par les forces de défenses camerounaises et les populations volontaires ayant rejoint cette bataille, ne manquent pas de stratégies pour passer par les mailles de la sécurité renforcée. Après avoir utilisé les femmes portant la burqa pour semer la terreur, les jeunes filles et jeunes garçons naïfs portant les ceintures explosives pour tuer et détruire les marchés et les villages, ces derniers viennent de mettre sur pied une autre stratégie : l’utilisation des adultes comme bombes humaines. En effet, ayant constaté que les jeunes femmes, les jeunes filles et les jeunes garçons qu’ils utilisaient étaient particulièrement traqués par les éléments des forces de l’ordre et des membres du comité de vigilance, ces derniers ont décidé désormais d’utiliser des adultes.

Ayant aussi constaté que les lieux à forte concentration humaine étaient surveillés de jour comme de nuit par les militaires et les comités de vigilance, la barbares  ont décidé de commettre leurs exactions désormais très tôt le matin dans les mosquées à l’heure de la grande prière matinale, manifestement  en exploitant le peu de vigilance à cette heure matinale. Une stratégie qui depuis une semaine portent des fruits. Ce qui leur a déjà permis de détruire deux mosquées et de tuer près de 20 personnes et de blesser plus d’une dizaine d’autres durant les deux attentats kamikazes qu’ils ont réussi à commettre dans ces premières semaines du mois de janvier. Le premier s’est déroulé le lundi 13 janvier 2016 dans la mosquée de Kouyapé dans l’arrondissement de Kolofata et a fait 13 morts et plusieurs blessés. Le kamikaze, un adulte s’était infiltrer parmi les fidèles lors de la prière du matin et avait déclenché sa charge. Le second   s’est produit pratiquement à la même heure et avec le même mode opératoire.

Face à  ces nouveaux attentats  qui viennent d’avantage  rallonger la liste des victimes de la guerre contre Boko Haram, les forces de l’ordre et les membres du comité de vigilance
devraient trouver de nouvelles stratégies pour contrecarrer le nouveau plan de Boko Haram. Renforcer par exemple la sécurité durant les prières du matin dans les mosquées.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Hervé Villard Njiélé

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