Cameroun : Atteinte de plus de 100 MW de déficit énergétique par jour depuis le début de la saison sèche – 10/02/2015

Joël Nana Kontchou, directeur général de la société de production de l'électricité The Energy of Cameroon (ENEO).
Joël Nana Kontchou, directeur général de la société de production de l’électricité The Energy of Cameroon (ENEO).

Le déficit de production de l’énergie électrique au Cameroun atteint quotidiennement des pics de 100 MW, depuis le début de l’année 2015, qui coïncide avec la saison sèche au cours de laquelle le niveau des eaux baisse considérablement dans les barrages exploités par Energy of Cameroon (Eneo), le concessionnaire du service public de l’électricité dans le pays. Cette statistique révélée par le quotidien gouvernemental concerne davantage le réseau interconnecté Sud (RIS), qui exclut la partie septentrionale du Cameroun.

Afin de résorber ce déficit, qui devrait perdurer jusqu’au mois de mars 2015, l’opérateur du secteur de l’électricité et les pouvoirs publics camerounais ont décidé de mettre en place certaines mesures d’urgence, à l’instar de la remise en service de la centrale thermique d’Ahala, d’une capacité de production de 60 MW. Gérée par la société britannique Aggreko, cette centrale fait partie des quatre ouvrages du programme thermique d’urgence (PTU) lancé il y a quelques années par le gouvernement, et demeure la seule centrale du PTU à n’avoir pas été rétrocédée jusqu’ici à Eneo.

En plus du redémarrage des moteurs de la centrale d’Ahala, L’électricien Eneo, apprend-on de bonnes sources, a obtenu de ses plus gros consommateurs une réduction substantielle des consommations en soirée, période à laquelle la demande des ménages explose. Il en est ainsi par exemple de la société Alucam, qui consomme près de la moitié de l’électricité produite dans le pays.

Cet effacement des gros consommateurs à des heures précises, apprend-on, devrait permettre de récupérer 30 MW à réinjecter dans le réseau pour la consommation des ménages, soumis depuis plus d’un mois au sempiternel rationnement de la distribution de l’électricité.

Pour rappel, le déficit énergétique fait perdre au Cameroun un demi-point de croissance chaque année, selon les estimations du ministère de l’Economie. De même, une étude réalisée par la représentation locale du BIT, à la demande du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), place le déficit énergétique en tête des facteurs qui limitent le développement optimum des entreprises dans le pays.

Source : © Investir Au Cameroun