Cameroun – Arts plastiques : L’« escale » sculpturale de Joseph Francis Sumégné – 04/11/2014

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L’exposition rassemble, depuis le 11 octobre 2014, les travaux de cet artiste « senior » de l’art plastique. La société revue avec plaisir.

Cela sonne comme une pause. Celle de faire le bilan de ses 38 ans d’activités sans arrêt. « Une pause pour prendre [son] souffle avant de repartir. C’est surtout un point que je fais sur mon parcours professionnel », dixit Joseph Francis Sumégné. Il en avait donc besoin. Seulement, cette pause ne se fait pas sur une plage à la côte d’Azur. Encore moins dans un des hôtels huppés en dormant paisiblement. Non. Plutôt à Doual’art. Ce à travers une exposition qu’il a baptisé « Escale ». Même si le plasticien n’a pas sorti ses indémodables « Neuf notables » cette fois-ci, cette exposition à quelque chose de particulier. Elle a une facilité de plonger, aussi rapidement que l’on puise imaginer, le visiteur dans les méandres d’une société contemporaine et plurielle.

Une touche illustrative. « Le pain de l’orphelin ». C’est un jeune, chapeau à la tête, poussant sa brouette assez chargée pour gagner sa pitance journalière. Un esprit de débrouillardise très avancé dans notre société. Au centre de la salle, une somme de visages est représentée. A l’observer attentivement, elles expriment la misère d’une vie, la tristesse et le chagrin de toute une ville. Laquelle ? A chacun de faire son rapprochement. Des monuments miniaturisés (« Effets diamant », « Le cousin du Lamido », « Le contempleur d’étoiles 1 & 2 », « Instruction silencieuse »…) qu’on a souvent vu en plus grand font aussi partie de l’escale. Seule absente parmi toute cette « folie » artistique : la statuette de « La nouvelle liberté » du rond-point Deido à Douala réalisée durant sa résidence de création de trois ans (1993 – 1996). Un air de fête survole aussi cette exposition à travers « Le danseur de Tsoh » ou « La danseuse de bikutsi ». Il y penser de temps en temps afin d’oublier et se libérer durant un instant du joug de son oppresseur. « Caprices du libre arbitre » le démontre à suffisance via ce buffle, avec des chaussures, qui malgré sa posture se démerde pour se libérer. L’objectif final est de gagner la bataille comme « Mon champion » parmi tout ce monde représenté : « Le ministre de l’intérieur », « le pharaon I & II » ainsi que des beautés féminines. Sur un pan du mur, deux armes de chasse pour remettre de l’ordre sont bien rangées : « Le justicier inconnu » et « Sans gâchette ».

Toutes ces œuvres exposées, 20 au total, sont réalisées entre 1996 et 2014. Toujours caractérisées par la fusion de plusieurs disciplines (sculpture, mise en couleur, bijouterie, vannerie, tissage…), ces œuvres sont aussi une connexion avec une pensée ancestrale sur leur vision de l’art. Et un regard, dès aujourd’hui, définitivement tourné vers le futur. L’exposition étrennée depuis le 11 octobre ira jusqu’au 22 novembre 2014. Et pour une fois, le temps d’observation ne sera pas long. Mais toujours captivant !

© CamerPost – Frank William BATCHOU

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