Cameroun – Arnaque : Quand la prévention routière vire au business – 19/06/2015

Quand la prévention routière vire au business | Photo d'illustration
Quand la prévention routière vire au business | Photo d’illustration

Des policiers et gendarmes affectés à cette opération mise en place pour prévenir les risques d’accidents de la circulation, s’en mettent plein les poches.

Il est 11h ce 15 juin à la gare routière de Mvan à Yaoundé, principal point d’embarquement des passagers à destination de Douala. Un bus garé à quelques mètres de la compagnie de transport de Princesse voyage et appartenant à celle-ci, vient de démarrer. Tous les 70 sièges de la voiture sont occupés. Pourtant, le convoyeur, agrippé à la portière ouverte, continue de héler les passagers attendant sur le trottoir. Quatre autres personnes montent dans le bus et s’asseyent sur des tabourets disposés sur le couloir réservé à la circulation des passagers, au milieu du bus. 74 personnes viennent ainsi d’embarquer à bord de ce gros porteur qui n’a que 70 places règlementaires.

Les quatre derniers passagers n’ont pas été enregistrés dans le bordereau de transport. Un chauffeur de l’agence Marathon explique que c’est grâce à cette surcharge qu’ils parviennent à arrondir leur salaire mensuel. Les chauffeurs des compagnies de transports et de cars de transport en commun qui font le chargement à la gare routière de Mvan affirment qu’ils contournent la prévention routière en donnant de l’argent aux agents travaillant à ces postes de contrôle crées par le ministère des Transports pour prévenir les risques d’accidents de la circulation sur les routes camerounaises, et particulièrement sur le très meurtrier « axe lourd » Douala –Yaoundé.

« Lorsque je transporte quatre passagers en surcharge, qui vont à Douala, je gagne une somme parfois 10.000.Cfa. Je débourse en moyenne 3000F que je donne aux agents de la prévention routière dans les différents postes. Nous sommes obligés de surcharger parce que les chauffeurs des compagnies de transport gagnent mensuellement en moyenne 60.000F.Cfa », se justifie un conducteur. Cependant, il arrive que bien qu’ayant empoché l’argent, les policiers et gendarmes continuent de chercher d’autres motifs pour pénaliser le conducteur: « Après avoir remis 1000F.Cfa à un policier pour surcharge, il m’a fait comprendre que mes pneus étaient usés et qu’il fallait les changer avant de continuer le voyage.

Cela m’a fait paniquer, j’étais obligé de lui ajouter 2000F.Cfa pour qu’il me laisse partir », raconte Rachelin Mvogo, chauffeur d’un minibus. Didier Ngah, lui affirme qu’il a dû débourser une somme de 10000F.Cfa parce qu’il n’avait pas renouvelé son assurance. « J’étais obligé de négocier parce que s’il fait un rapport sur mes infractions, je vais payer plus cher au Trésor public », reconnait- t-il. Selon une source à la délégation régionale du ministère des Transports pour le Centre, les agents de la prévention routière doivent interpeller tout conducteur ayant les défaillances suivantes : l’excès de vitesse, l’absence de la boîte à pharmacie, le défaut de la visite technique, pneus usés, fatigue au volant…

D’après ce directeur, la prévention routière a d’abord de sensibiliser et d’éduquer les transporteurs. Malheureusement cette opération est devenue un « péage » à cause des conducteurs, qui d’après lui l’opération a été transformée en un poste de « péage », c’est parce que des conducteurs qui refusent d’être en règle.

Source : © Le Jour

Par Prince Nguimbous

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