Cameroun – Archéologie : un trésor national à valoriser

Disséminé dans différents sites à travers le pays, le patrimoine archéologique souffre de sa sous-exposition et de négligence.

« Les archéologues nationaux ont fait beaucoup de découvertes au Cameroun. Sur les sites archéologiques découverts, on trouve des vestiges qui aident à comprendre des séquences du passé du pays, depuis les premières sociétés traditionnelles jusqu’à nos jours ». Ces propos sont du Pr. Martin Elouga, un des concepteurs des Journées d’archéologie et du patrimoine. Il était interpellé sur les réalités des recherches à l’université de Yaoundé I, dans le cadre d’une exposition marquant la Journée nationale d’archéologie tenue mercredi à Yaoundé. L’enseignant a rappellé que ce sont les archéologues de cette institution universitaire qui ont mis en évidence les premières technologies développées au Cameroun, il y a plusieurs centaines d’années. Il en est de même pour les premiers systèmes de défense existant vers le 14e siècle, bien longtemps avant l’arrivée des Européens.

« Lorsque les Allemands parlent de guerre de tranchées de la première guerre mondiale, il faut reconnaître que le peuple Tikar du Cameroun utilisait déjà cette technique. Toutes les chefferies Tikar sont entourées de tranchées et les archéologues nationaux l’ont prouvé », souligne Martin Elouga. A cela s’ajoutent les technologies ancestrales, relativement par exemple, à la production du métal. « Je n’exagère pas quand je dis à mes étudiants que la révolution industrielle a commencé au Cameroun, 3 000 ans avant notre ère ! ». L’enseignant s’appuie sur des fourneaux datant d’environ 3 000 ans, découverts sur le site du Parcours Vita à Yaoundé. Feu Pr. Essomba, cité parmi les meilleurs archéologues d’Afrique, avait, trouvé des ateliers métallurgiques partout au Cameroun : chez les bassa, les banen, les Eton, les Manguissa.

Un seul regret : ces vestiges sont détruits sous des prétextes divers. Or c’est la base à partir de laquelle on peut donner de la profondeur à l’histoire du Cameroun. Si ces découvertes sont consignées dans des ouvrages conservés dans les bibliothèques universitaires, elles ne font pas l’objet de la valorisation qu’elles méritent. Et les archéologues reconnaissent qu’on ne peut pas envisager le modernisme sans regarder dans le rétroviseur du passé des objets ou techniques jadis utilisés par les ancêtres, soit pour perpétuer les valeurs, soit pour mieux asseoir et affiner les méthodes nouvelles. La réflexion sur le sujet s’est poursuivie hier. Les Journées nationales d’archéologie s’achèvent demain.

Source : © Cameroon Tribune

Par Jeanine FANKAM

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