Cameroun – Appels à la candidature de Paul Biya pour 2018 : la réaction des formations politiques de l’opposition toujours attendue

La réaction des formations politiques de l’opposition toujours attendue quant aux appels à la candidature de Paul Biya pour l'élection de 2018 | PATRICK KOVARIK/AFP
La réaction des formations politiques de l’opposition toujours attendue quant aux appels à la candidature de Paul Biya pour l’élection de 2018 | PATRICK KOVARIK/AFP

La grosse machine électorale du RDPC, parti au pouvoir au Cameroun, est en branle depuis quelques temps. Les motions de soutien et autres appels à la candidature de Paul Biya pour la future élection présidentielle 2018, sortent de toutes parts. L’opposition quant à elle demeure comme souvent muette.

« L’élection de 2018 est certaine mais lointaine » cette phrase subtilement soulignée par Paul Biya aux journalistes lors de la visite de François Hollande au Cameroun en juillet 2015, laissait croire que la présidentielle de 2018 n’est pas une priorité. Mais ça c’était avant, il s’agissait à ce moment-là d’éluder la question une pirouette politique plutôt ironique dans le but de faire croire une chose alors qu’on pense exactement le contraire. Les faits aujourd’hui donnent raison à ceux qui prêtaient à Paul Biya l’intention de briguer un autre mandat à la tête de l’Etat. Visiblement, la grosse machine politique dont il assure la présidence est lancée. Il faut être naïf pour croire que le ramdam actuel suscité par les « appels » est improvisé. « Il obéit à un calendrier précis et bien conçut    rien n’est laissé au hasard et tout cela est le fruit d’une réelle volonté de Paul Biya de solliciter un nouveau mandat à la tête du pays et peut être d’envisager d’anticiper ces élections pourquoi anticiper les élections ? Pour deux raisons principales. En interne il est question de mener à leur termes les grands chantiers en cours dans le pays du moins c’est la raison avancée par les cadres du RDPC et en externe c’est plus compliqué que cela parce qu’il faut tenir compte de l’imminence des élections dans certains pays comme la France et les Etats-Unis » observe un politologue enseignant à l’université de Yaoundé II.

Alors que le RDPC prépare le terrain pour les futures échéances électorales anticipée ou pas, c’est à peine si la voix de formations politiques de l’opposition se fait entendre. Du bout des lèvres, Ni John Fru Ndi le leader du Social Democratic Front (SDF) a prédit une guerre civile au Cameroun si d’aventure l’élection présidentielle était anticipée. Du côté du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun le MRC du Maurice Kamto l’heure est à la révision consensuelle du code électoral et l’inscription sur les listes électorales, même son de cloche dans les rangs du CRAC croire au Cameroun de Bernard Njonga. Timide, dispersée, inefficace et sans effet. Ainsi pourrait-on décrire la réaction de l’opposition camerounaise aux grandes manœuvres du RDPC. Logiquement, le RDPC est libre de motiver son champion rien ne l’interdit, quant à l’organisation d’une élection anticipée, les choses sont moins aisées parce qu’il faudra passer par le parlement. Ce qui ne devrait pas poser de difficultés majeures vue la majorité obèse dont jouit le RDPC dans les deux chambres.

© CAMERPOST par Hakim ABDELKADER