Cameroun – Anne Marie Nzié : l’adieu !

hommage-a-anne-marie-nzie_palais-des-sports-de-yaounde
hommage-a-anne-marie-nzie_palais-des-sports_yaounde
hommage-a-anne-marie-nzie-au-palais-des-sports
hommage_anne-marie-nzie_palais-des-sports
hommage-a-anne-marie-nzie_palais-des-sports

Anne Marie Nzié, l’adieu !

L’icône nationale repose désormais à Bibia, son village natal. Retour sur une cérémonie riche en émotions, présidée samedi par le MINAC, représentant personnel du chef de l’Etat.

Cahier d’un retour au pays natal. Le vrai, sans jeu de mots. C’est en face de l’Eglise presbytérienne où elle a chanté un nombre incalculable de fois tous les dimanches, où elle a pris son baptême et sa première communion, qu’un culte ultime a été rendu en hommage à Anne Marie Nzié. Samedi dernier, le temps s’est figé à Bibia par Lolodorf dans le département de l’Océan, village de ce monument de la musique camerounaise. C’est la fin. Plus que quelques minutes et Anne Marie Nzié, disparue le 24 mai dernier, sera mise en terre, dans l’intimité familiale. La cérémonie organisée le 23 juillet dernier pour lui dire au revoir a tourné en grande partie autour de louanges, accompagnées au piano par Eko Roosevelt, et par les choristes et artistes de la région du Sud. Pas une seule personne approchée dans cette localité très pieuse ne se souvient d’une chanson de « Mama Anna » comme ils l’appellent ici, dans laquelle elle ne fait pas mention de Dieu. Elle, fille de catéchiste, que sa mère, Malingué Minanga, a mis au monde une journée de dimanche, en 1931.

Le peuple de Bibia et ses environs est là pour rendre grâces de l’avoir connue et bénéficié du rayonnement de son talent. Avant tout, il est là pour assister aux honneurs mérités, qu’elle a gagnés à force de travail et de courage. Elle les a reçus tout au long de ses obsèques, depuis leur début à Yaoundé jeudi dernier, jusqu’à leur terme samedi à Bibia. Le ministre des Arts et de la Culture (MINAC), Narcisse Mouelle Kombi, représentant personnel du chef de l’Etat à cette cérémonie a rempli le devoir solennel de transmettre la reconnaissance de la nation et de sa plus haute autorité. « Au nom du président de la République, et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous élevons à la dignité de Grand Officier de l’Ordre national de la valeur à titre posthume », a déclaré Narcisse Mouelle Kombi.

Cette distinction s’ajoute à celles de Chevalier, Officier, Commandeur et Grand officier de l’ordre du mérite camerounais, Chevalier de la Légion d’honneur en France et Médaillée de la République de Corée, qui lui avaient déjà été décernées. Espoir comblé et joie immense pour la grande famille Nzié Nzhiougma. « Anne Marie craignait, comme elle l’avait observé pour certains artistes de renom, d’être inhumée loin de son public, dans l’indifférence. Ce n’est pas le cas aujourd’hui », a reconnu, heureuse et soulagée, l’Honorable Paulette Boutouli, parlant au nom de la famille. L’histoire a duré 85 ans, ponctuée de notes à la fois belles, prodigieuses et immortelles, comme les œuvres de Mama Anna, née Anne Mvunga Nzié, dite « la voix d’or ».

Source : © Cameroon Tribune

Par Monica NKODO

PARTAGER