Cameroun – Analyses médicales : Les laboratoires au microscope

Les laboratoires au microscope | Illustration/DR
Les laboratoires au microscope | Illustration/DR

Mi-décembre 2015, la 11e rencontre africaine de biologie organisée par l’Association internationale des techniciens biologistes (Assiteb-Biorif) a remis en lumière ce business juteux. Avec un zoom sur les carences de l’offre publique en la matière : sous-équipement et problèmes de maintenance. Une situation propice au développement des laboratoires d’analyses médicales privés. Ces dernières années, ils ont fleuri un peu partout dans le pays. Dans les deux plus grandes villes, Douala et Yaoundé, leur nombre a ainsi été multiplié par cinq au moins, ces derniers vingt ans. Un boom qu’alimente notamment l’émergence d’une classe moyenne qui consacre 5% à 10% de son budget à la santé.

« Pendant longtemps, les laboratoires étaient hors de portée pour la majorité des usagers à cause de leurs tarifs prohibitifs. Les malades, en fonction de leurs moyens, étaient généralement obligés de sélectionner les examens prescrits par les médecins. Et, il fallait nécessairement remonter vers le centre des villes pour s’offrir les services de ces institutions. Mais, la situation a évolué positivement. Depuis quelques années, on observe effectivement une prolifération des laboratoires d’analyses médicales. Le phénomène est remarquable depuis dix ans. Ils poussent un peu partout, même dans les quartiers reculés, permettant au plus grand nombre de passer désormais des examens médicaux », confirme Achille K., financier, associé d’un projet ayant nécessité un investissement de plusieurs millions de francs Cfa au quartier Omnisports, à Yaoundé.

Sans surprise, les établissements privés ciblent les activités les plus rémunératrices. Prélèvements de sang veineux et artériel, cutanéo-muqueux, de peaux et phanères (ongles, cheveux…), liquides d’épanchement (pleural, péritonéal…) ou de ponction (liquide céphalo-rachidien, moelle osseuse…), liquides de stomies. Beaucoup sont sollicités dans les cas particuliers des prélèvements environnementaux : eaux, air, surfaces, dispositifs médicaux, aliments, etc. C’est qu’un laboratoire de biologie médicale ou, anciennement, laboratoire d’analyses médicales, est un lieu où sont prélevés et analysés divers fluides biologiques d’origine humaine ou animale sous la responsabilité des biologistes médicaux, qui en interprètent les résultats dans le but de participer au diagnostic et au suivi de certaines maladies. On distingue trois types de laboratoires selon que l’on exerce en milieu public ou en milieu privé.

Les laboratoires que l’on trouve au sein des formations sanitaires participent au diagnostic au sein des hôpitaux. Certains ont également une activité de recherche et réalisent des analyses spécialisées. Les laboratoires privés se subdivisent en trois catégories : les polyvalents ouverts au public dans lesquels les patients viennent se faire prélever sur prescription médicale ou non, et qui réalisent l’ensemble des analyses les plus courantes de chaque domaine de la biologie médicale. Les laboratoires spécialisés ouverts directement au public qui réalisent des examens rares et fastidieux (explorations fonctionnelles avec injections de divers médicaments et dosages sériés, des épreuves de stimulations pour explorations métaboliques ou d’endocrinologie). Les laboratoires spécialisés qui réalisent des analyses plus rares pour le compte de plus petits congénères publics ou privés.

Et même si l’objectif pour ceux qui y investissent est de répondre aux exigences accrues des patients, il reste un souci : la qualité des services. D’où le thème de la 11e rencontre africaine de biologie : « La qualité au laboratoire : pourquoi et comment ?  Les implications du laboratoire dans le développement durable ».

Source : © Cameroon Tribune

Par Yvette MBASSI-BIKELE