Cameroun : Amnesty International et Reporters sans frontières aux cotés des journalistes

Félix Cyriaque Ebolé Bola et ses deux confrères comparaissent le 22 janvier devant un tribunal militaire | © Youtube
Félix Cyriaque Ebolé Bola et ses deux confrères comparaissent le 22 janvier devant un tribunal militaire | © Youtube

Dans un communiqué de presse conjoint publié jeudi soir, les ONG Amnesty International et Reporters sans frontières demandent aux autorités camerounaises d’« abandonner immédiatement et sans condition toutes les charges retenues contre trois journalistes accusés de n’avoir pas divulgué des informations et leurs sources ».

En effet, les journalistes Félix Cyriaque Ebolé Bola, Rodrigue Tongue et Baba Wame comparaissent le 22 janvier devant un tribunal militaire pour des faits présumés de « non-dénonciation ».  D’après une citation à comparaitre qui leur avait été servie par voie d’huissier il y a quelques mois et dont Camerpost a eu une copie, il est reproché à ces trois journalistes de n’avoir « pas averti les autorités militaires administratives ou judiciaires de toute activité de nature à nuire à la défense nationale. Faits prévus et réprimés par les articles 74 et 107 du code pénal ».

Dans le cadre de leurs activités professionnelles, ces journalistes ont reçu l’année dernière des informations faisant état de collusion entre des personnalités camerounaises et un dirigeant d’un groupe armé centrafricain qui avait attaqué une ville à l’Est du Cameroun. Ces journalistes comparaissent pour n’avoir pas transmis ces informations aux autorités camerounaises.

 « Accuser des journalistes parce qu’ils ont respecté l’éthique de leur profession constitue une violation du droit à la liberté d’expression et un tournant inquiétant au Cameroun », a déclaré Stephen Cockburn, directeur adjoint pour la région Afrique de l’Ouest et centrale à Amnesty International.

S’ils sont déclarés coupables, les trois journalistes pourraient être condamnés à des peines de prison allant de un à cinq ans, ainsi qu’au paiement d’une amende comprise entre 50 000 et 5 millions de Francs CFA.

Amnesty International et Reporters sans frontières sont toutes deux des organisations non gouvernementales actives dans le domaine des droits de l’Homme.

© CAMERPOST par Anne Mireille Nzouankeu

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