Cameroun / Algérie – Mort d’Albert Ebossé: après le choc, la colère et les polémiques – 25/08/2014

En Algérie, le championnat professionnel de football est suspendu jusqu’à nouvel ordre après le décès samedi soir de l’attaquant camerounais Albert Ebossé. Le joueur de la JS Kabylie a été touché à la tête par un projectile lancé par les supporters mécontents. Dans le pays, on pointe du doigt l’incapacité des autorités à lutter contre les violences des supporters. Au Cameroun, l’émotion est nationale, et une polémique enfle sur les circonstances réelles du drame.

Le joueur camerounais de la JS Kabylie Albert Ebossé durant un match contre Alger, le 1er mai 2014. REUTERS/LOUAFI LARBI
Le joueur camerounais de la JS Kabylie Albert Ebossé durant un match contre Alger, le 1er mai 2014.
REUTERS/LOUAFI LARBI

Le ministre algérien des Sports a promis samedi soir de « faire face fermement aux dérapages ». Mais la communauté sportive, comme l’opinion publique, sont unanimes : la violence des supporters a trop duré. Les caillassages en fin de match sont devenus une habitude. Les pelouses sont régulièrement envahies par les spectateurs. Les responsables locaux, qui ne veulent pas d’émeutes, laissent les supporters entrer avec des objets interdits au sein des stades.

Pourtant, en 2012, un joueur de l’USMA d’Alger avait été poignardé sur le terrain à Saïda par les supporters de l’équipe adverse. Au début de l’année, plusieurs joueurs de Sidi Bel Abbès ont été violemment agressés. Les supporters n’avaient eu aucun mal à déborder le service de sécurité. Aujourd’hui, les sanctions de l’époque, des matchs à huis-clos, semble n’avoir aucun impact.

Et la presse accuse désormais les responsables de la fédération de ne pas vouloir améliorer les choses. L’obligation d’engager des stadiers pour les matchs à domicile à été abandonnée. Le journal sportif Compétition se désole : « Les stades sont devenus comme des cimetières où la mort rôde chaque semaine. »

Interrogations sur le moment de l’agression

La première réaction officielle est venue du syndicat des footballeurs camerounais. Dans un communiqué publié sur son site internet, le syndicat, dont était membre Albert Ebossé, a condamné « un acte teinté d’une barbarie machiavélique », avant de promettre de tout mettre en oeuvre pour que les auteurs soient épingléset traduits en justice. La fédération camerounaise de football a aussi publié un communiqué où elle a déploré la perte d’un jeune et talentueux footballeur, mort alors qu’il vivait son rêve : jouer au football.

Sur les réseaux sociaux, la nouvelle a été abondamment commentée. Photo à l’appui, les tweets d’indignation ont afflué condamnant une violence inadmissible dans une arène sportive. Une vidéo diffusée sur internet montrant Albert Ebossé quittant le stade après le match et peu avant le drame a aussitôt fait naître une polémique : on  y voit le jeune footballeur s’engouffrer dans les vestiaires, sans signe d’agression apparent. D’où les très nombreuses interrogations sur le moment où il aurait reçu le projectile fatal, selon la thèse admise jusqu’ici.

La famille esseulée

A Douala, sa ville d’origine, sa famille, inconsolable, porte le deuil. Sa soeur aîné nous a confié être « plongée dans un cauchemar ».

Son frère Alexandre Bojongo confie avoir « regardé le match jusquà la fin, je l’ai même enregistré. Et c’est là où j’ai eu des coups de fils qui m’annonçaient qu’il fallait que j’appelle en Algérie parce que mon petit frère était décédé. J’ai eu des explications qui ne sont pas très précises. Je crois qu’il y a quelque chose qui  ne va pas. La tradition veut quand même que quand vous avez perdu quelqu’un, que vous vous rendiez là-bas, prendre ses petites affaires qu’il a laissées chez lui. Je ne peux pas comprendre que je n’aille pas avec le manager. Il faut bien que je vois l’endroit. Un coup on me dit “vous allez avoir un visa, on va envoyer les billets”, etc… Et à 5h de l’après-midi, on vous dit “non, retrouvons-nous à Paris”. Bon, c’est pas un colis ! Il faut quand même que les gens se réveillent, c’est terrible ! »

Source : RFI

  • les commentaires ne servent plus a rien qu on laisse. ebosse aller se. reposer en paix