Cameroun : Afrique Média poursuit ses émissions malgré la mesure de suspension de la CNC – 09/06/2015

Une équipe d'Afrique Media sur le terrain | Archives/DR
Une équipe d’Afrique Media sur le terrain | Archives/DR

La chaîne de télévision à capitaux privés Afrique Médias, suspendue en fin de semaine dernière pour un mois par la Conseil national de la communication (CNC) du Cameroun, continue d’émettre sans discontinuer dans le pays, a-t-on constaté sur place.

Le ton de l’invective, qui semble être sa marque de fabrique, est même monté d’un cran depuis cinq jours, panélistes, présentateurs et téléspectateurs (par voie de messages électroniques) continuant non seulement à dénoncer la «sale besogne de l’Occident contre l’Afrique» mais également à ne pas se reconnaître dans la décision du régulateur.

Ainsi joint au téléphone le promoteur de la chaîne, Justin Tagouh, a indiqué qu’au-delà du fait que sa chaîne est «de droit équato-guinéen», il n’a jamais reçu de notification de suspension du CNC «qui s’est plutôt précipité dans une publicité ridicule».

Dans sa lancée, il a dit son étonnement de constater que le Conseil, «plus prompt à sanctionner des médias privés sans ressources mais qui s’efforcent à œuvrer pour la grandeur de l’Afrique, est étonnamment muet face aux assauts impérialistes des mastodontes occidentaux de l’information».

Au sujet du plaignant, qui n’est pas mentionné dans la décision du CNC qui invoque notamment «des confusions préjudiciables entre liberté d’opinion et les atteintes à la dignité des personnes», Afrique Média affirme que c’est l’ambassadrice de France au Cameroun, Christine Robichon, qui a manœuvré pour faire taire une chaîne qui étale à longueur de programmes le néocolonialisme de certaines puissances occidentales et général, et de l’Hexagone en particulier.

On rappelle qu’Afrique Média a été sanctionné pour des faits d’«accusations non justifiées, de nature à porter atteinte à l’image et à l’honneur de personnalités, d’institutions et de pays étrangers et de ce fait, constitutives atteintes à l’éthique et à la déontologie professionnelle en matière de communication sociale».

Dans le même temps, deux de ses présentateurs, à savoir Magne Tadda et Mohamed Bachir Ladan, animateurs respectivement des émissions «Le mérite africain» et «Le débat panafricain» et qui sont toujours à l’antenne, ont écopé de six mois de suspension, des invités de leurs programmes ayant «tenu des propos non justifiés indexant des personnalités, des institutions et des pays étrangers».

© CamerPost avec © APA

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