Cameroun – Affaire Guerandi: Maurice Kamto pour une commission internationale d’enquête – 26/09/2014

Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), parti d’opposition, que préside l’ex-ministre délégué à la Justice, estime que l’opération  d’enlèvement et d’exécution présumée de l’ex-opposant à Paul Biya qui s’est déroulée dans plusieurs pays, appelle à une mobilisation multilatérale. Il demande par ailleurs la création d’une telle commission au niveau parlementaire au Cameroun.

Maurice KAMTO, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc). Photo d'archives
Maurice KAMTO, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc). Photo d’archives

Maurice Kamto, professeur et spécialiste du droit international, n’en revient pas que l’enlèvement, avec des méthodes d’un autre âge, puis la séquestration d’un fervent opposant au régime de Yaoundé passe au nez et à la barbe de la Justice. Dans un point de presse qu’il donnait hier, jeudi 25 septembre 2014 au siège de son parti sur les thématiques qui font l’actualité ces dernières semaines, le président du Mrc a estimé que les révélation de Jeune Afrique qui font le récit de l’enlèvement et de la mise à mort de Guerandi Mbara par les éléments de l’espionnage camerounais, avec la complicité d’un marchands d’armes français et d’un colonel portugais à la retraite, fournissent à la Justice camerounaise «toutes les informations utiles susceptibles de permettre l’ouverture d’une enquête». Le démenti officiel n’étant toujours pas intervenu deux semaines après ces révélations.

Mais le Mrc va plus loin. Par la voix de son président, il fait savoir que par cette opération digne des méthodes de l’ex-Stasi, le Cameroun a violé d’importants textes internationaux sur la protection de la dignité humaine qu’il a approuvés et ratifiés. Ceux-ci sont en l’occurrence, la Déclaration universelle des droits de l’Homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention contre la torture et autres traitements cruels, inhumains et dégradants, la Déclaration internationale contre le recrutement de mercenaires, l’utilisation, le financement et l’instruction de mercenaires, la Convention internationale contre les disparitions forcées et la Charte africaine des droits de l’Homme. Tout ceci à l’exclusion de toute la législation nationale.

229 millions Fcfa pour un assassinat

Pour justifier une enquête internationale, le Mrc avance que «les faits allégués se seraient déroulés dans plusieurs pays, concerneraient des personnes de différentes nationalités et mettent en cause le gouvernement camerounais». Les conclusions de cette commission d’enquête internationale devront confirmer ou infirmer les allégations d’exécution extrajudiciaire de Gureandi Mbara et établir la chaîne de responsabilité. Mais, elle devra aussi, selon Maurice Kamto, «enquêter sur la véracité du décaissement de 229 millions Fcfa pour financer ce présumer assassinat». Le Mrc ne s’arrête pas là. A côté d’une enquête internationale sur l’affaire Guerandi, Maurice Kamto demande la création au Cameroun «d’une commission d’enquête parlementaire afin d’enquêter sur l’utilisation de la Dgre (Direction générale de la recherche extérieure. Ndlr) et d’autres services de renseignement de notre pays par le pouvoir à des fins politiques».

La guerre contre Boko Haram, les affaires Me Harissou, Aboubakar Sidiki et Célestin Yandal, et le traitement qui en est fait par les autorités n’est également pas du goût du Mrc. Le principal grief qui est fait à l’exécutif dans ces affaires «est la cacophonie qui n’est pas de nature à maintenir parmi les populations». Maurice Kamto demande au gouvernement de lever le voile sur ces sujets qui prêtent le flanc aux agitations sociopolitiques.

Source : © Le Messager

Par Ludovic AMARA

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