Cameroun – Affaire Franklin Mowha : Sa famille contraint à l’exil – 03/03/2015

Franklin Mowha à la prison de Bafoussam. | Photo d'archives
Franklin Mowha à la prison de Bafoussam. | Photo d’archives

A la suite de nombreuses menaces depuis l’incarcération de ce défenseur des droits de l’homme à la prison centrale de Bafoussam, son épouse et ses quatre enfants se sont réfugiés à Bamenda.

Xénophobie. Tout porte à y croire. Si l’on s’en tient à cette sortie du Réseau des droits de l’homme en Afrique centrale (Redhac). Car, « l’épouse de M. Mowha Franklin et ses quatre enfants subissent les menaces anonymes récurrentes. A en croire l’épouse de ce défenseur depuis l’arrestation et la mise sous mandat de dépôt de son mari par le Commandant de la Brigade Territoriale de Bangangté, M. Tuka Georges, et le Chef Supérieur Bangangté, Njih Moluh Seydou Pokam. Ils n’ont jamais eu de répit », déclare la directrice exécutive du Redhac. Et d’ajouter, qu’en plus des insultes et menaces lancées par-dessus le portail, cette dame sans défense « a reçu des sms de personnes  anonymes qui stipulaient : On ne s’attaque pas au Chef sans en subir les conséquences ». Au vue de ces « menaces sans cesse répétée », les proches de Franklin Mowha (son épouse Mowha Stéphanie Flore et ses quatre enfants Nwietak Mowha Job-Klin, Ngansop Mowha victoria, Yonke Mowha Jean-Baptiste, Onwrad Mowha Erika Bih) vivant dans la ville de Bangangté ont été contraint de quitter cette ville pourtant très hospitalière de la région de l’ouest Cameroun où ils résidaient pour se réfugier à Bamenda chez la mère du défenseur.

« Destruction de biens publics »

Pendant longtemps l’Association Front Line Fighters For Citizens Interest a dénoncé les multiples les peuples Bororos dans cette localité. « Des exactions commises par le Chef Supérieur, Sa Majesté. Njih Moluh Seydou Pokam, et entretenues par certaines autorités administratives en l’occurrence le Commandant de Brigade territoriale de la gendarmerie de Bangangté, TUKA Georges », explique-t-on au Redhac. Les ennuis, tortures et traitements dégradants de ce peuple s’accentuent en juin 2013 lorsqu’il est accusé du vol de bétail (53 têtes de bœufs). Incroyable ! Qu’a-t-il fait de tout cela d’un coup ? Franklin Mowha, président national, s’active donc avec son association (Front Line Fighters For Citizens Interest) pour redorer l’image de ce peuple « innocent ».

Mais le 4 décembre 2013, dans la ville de Bangangté, Franklin Mowha, est arrêté par Georges Tuka, le commandant de la Brigade territoriale de la gendarmerie de Bangangté. Puis « bastonné publiquement par le commandant et ses spires sous les injonctions directes du Chef Supérieur Bangangté, Sa Majesté. Njih Moluh Seydou Pokam, avant d’être gardé à vue et déféré quelques jours plus-tard par les mêmes responsables qui l’ont bastonné devant le Procureur du tribunal militaire qui, après moult tergiversations, lui a finalement signifié un mandat de dépôt à la Prison centrale de Bafoussam en l’inculpant pour destruction de biens publics et outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions », apprend-on. Depuis lors, seize (16) mois se sont écoulés et Fraklin Mowha croupit toujours dans les geôles de la prison centrale de Bafoussam. C’est pourquoi, le Redhac par la voix de sa directrice exécutive, demande aux autorités administratives du Cameroun « la libération immédiate et inconditionnelle de M. Mowha Franklin incarcéré depuis 16 mois à la Prison Centrale de Bafoussam ; le retour de cette famille à Bangangté ville où ils résident depuis des années où l’épouse a un emploi et les quatre enfants sont scolarisés ; et la sécurité physique et psychologique de M. Mowha Franklin et de toute sa famille ». Affaire à suivre !

© CamerPost – Frank William BATCHOU

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