Cameroun – Adamaoua : Quand l’insécurité envahit tous les départements

Quand l’insécurité envahit tous les départements | © CAMERPOST/OB
Quand l’insécurité envahit tous les départements | © CAMERPOST/OB

A l’exception du Mayo Banyo, tous les autres départements sont concernés par le phénomène des prises d’otages.

« Sous d’autres cieux, la Vina, le Djererm, le Mberé et le Faro-et Deo seraient décrétés des zones dangereuses et donc déconseillés à certaines heures », ironise cet infirmier vétérinaire, qui craint pour l’avenir de son job.  « Il y a quelques années, je prenais ma moto, et je parcourrai les bergeries pour vacciner les bêtes, aujourd’hui, ce n’est plus possible. D’abord parce que je crains pour ma vie, ensuite, les éleveurs eux-mêmes ne se préoccupent plus de la santé de leur cheptel. Ils veulent d’abord se sauver. Plus grave, je connais des grands éleveurs qui ont vendu leurs bœufs pour s’installer en ville », dit-il cette fois là avec un ton plus sérieux.

La crainte de cet infirmier est fondée lorsqu’on consulte la carte de cette nouvelle forme de criminalité dressée par les services de sécurité. D’abord la Vina, dont le chef-lieu est Ngaoundéré. Ici, tous les arrondissements ou presque sont victimes. Nyamabaka, Ngaoundéré 3éme, Nganha, Belel, etc. C’est d’ailleurs à Belel que ces prises d’otages ont  commencé en 2013. Cet arrondissement est frontalier avec la Rca, un Etat en déliquescence d’où viendraient ces preneurs d’otages. Ils ont installé une sorte de no man’s land ordonnant aux éleveurs de payer des « impôts ».  Il faut avouer qu’ils ont réussi en dépit d’un extraordinaire déploiement des forces de l’ordre.

L’arrondissement de Nyambaka est juste en face. Les preneurs d’otages ont pris d’assaut la zone au début de 2015, en prenant en otage les éleveurs ou leurs proches.  La brousse ici sied à une telle activité. Elle est touffue bien que l’on soit dans la savane. Ici, ils ne laissent pas non plus les petits agriculteurs. Les champs ont été abandonnés tout comme les bergeries.

Et lorsqu’ils prennent des otages, ils se dirigent dans le Mberé. Un autre département toujours criminogène en raison de sa proximité avec la Rca. Ce département a payé le plus lourd tribut du phénomène de coupeur de route. A cause de cette insécurité de la fin des années 90, le grand marché à bétail tel que Ngaoui ont été détruits, des grands éleveurs tués ou appauvris. A peine, a-t-il commencé à se remettre débout, voila encore un autre phénomène. Mais pour le Lamido de Meiganga, Moussa Sabo, le département paye le prix de son hospitalité. Il est convaincu que ces exactions sont menées par des refugiés  installés dans les camps.

Le Mberé est aussi frontalier avec le Djerem, un autre département enclavé où les bandits ont pendu leurs otages avant de s’infiltrer dans le Faro et Deo, frontalier lui, avec le Nigeria, semer la peur et la panique. En l’état actuel donc, seul le Mayo Banyo est à l’abri. « Nous avons appris beaucoup avec le phénomène de coupeur de route. Nous sommes organisés en comité de vigilance », renseigne le lamido de Banyo, Mohaman Gabdo Yahya  par ailleurs sénateur.

© CAMERPOST par Ousmane Biri

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