Cameroun – Adamaoua : Ce que veulent les preneurs d’otages ?

Les preneurs d’otages seraient d'anciens bergers ayant tout perdu avec la guerre en Centrafrique | DR
Les preneurs d’otages seraient d’anciens bergers ayant tout perdu avec la guerre en Centrafrique | DR

Ils ont un courage suicidaire, réclament toujours des rançons à hauteur des dizaines de millions de FCfa.

Dimanche dernier, deux preneurs d’otages ont été arrêtés à Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua. Le chef de gang, un certain Dogo a été reconnu par un ex-otage qui a toute suite alerté la police. En ce moment, il est passé aux aveux complets. Au moment de son arrestation, il se rendait à Tignére dans le Djerem.

Sur ses origines, CAMERPOST a appris qu’il est détenteur d’une carte d’identité nationale camerounaise. Mais en le voyant, tout le monde sait qu’il s’agit d’un Mbororo centrafricain. D’ailleurs son nom Dogo veut dire en Peul, selon nos source, « grand de taille ». Et justement, il avoisine deux mètres. Ce genre de sobriquet est propre à ce peuple. Il s’agit donc d’un ex berger reconverti en preneur d’otage.

Ces informations viennent confirmer l’enquête publiée par CAMERPOST sur les origines de ces preneurs d’otages qui sèment terreur et désolation dans cette partie du Cameroun. « Les pasteurs Mbororo du Cameroun et de Centrafrique présentent une image contrastée dans l’économie du banditisme contemporain. Ils en sont acteurs dans la mesure où nombre de groupes armés composés de Mbororo ont souvent été appréhendés par les forces de l’ordre, ou identifiés  comme tels par les victimes d’embuscades ou de raids dans les zones d’élevage. Ils sont cependant les principales victimes des enlèvements d’enfants et de bergers dans le nord-ouest de la Centrafrique et l’Adamaoua au Cameroun. Cette dualité de leur relation au crime organisé tire ses sources dans une longue histoire de marginalité tirant ses sources dans leur mode de vie, l’impact des crises écologiques sur leur système socio-culturel et l’exploitation dont ils sont l’objet », disait dans cette enquête Saibou Issa, le directeur de l’école normale de Maroua, et spécialiste des questions sécuritaires dans le Septentrion.

CAMERPOST est aujourd’hui en mesure d’affirmer que ces preneurs d’otages sont tous des anciens bergers. Ils ont tout perdu avec la guerre en Centrafrique et veulent reconstituer leur cheptel en organisant cette forme de criminalité. Mais, d’autres petits bandits locaux sont en train eux aussi de leur emboiter le pas.  « L’on assiste de plus en plus à ce qu’on appellerait les ”razzias d’otages” comme si les assaillants tentaient leur chance une fois pour toutes en enlevant de nombreuses personnes pour une rançon importante réinvestissable », ajoute l’universitaire.

 

© CAMERPOST par Ousmane Biri

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