Cameroun – Accident ferroviaire : les premières leçons à tirer d’une catastrophe sans précédent

Les premières leçons à tirer de l' accident ferroviaire d'Eséka  | © REUTERS/Josiane Kouagheu
Les premières leçons à tirer de l’ accident ferroviaire d’Eséka | © REUTERS/Josiane Kouagheu

Près d’une semaine après la catastrophe ferroviaire survenue à Eséka, l’on tire déjà les premiers enseignements. Il s’agit non seulement de l’élan de solidarité mais aussi de multiples tares à relever.

Le rapport d’étape des victimes a été présenté près d’une semaine après l’accident, lors d’une conférence devant la presse nationale et internationale par le ministre de la communication a annoncé qu’à ce jour, la catastrophe a fait 76 morts et 599 blessés. Des blessés reçoivent aides et sympathie de la communauté toute entière.

 Solidarité toute azimut

Le premier son de cloche est venu du président de la république qui décrété la journée du lundi 24 octobre, journée de deuil national pour la mémoire des victimes de cette catastrophe qualifiée de sans précédent.

Des offices religieux depuis la catastrophe vont dans ce sens depuis l’accident ferroviaire d’Eséka et ailleurs. A Yaoundé, les politiques dont l’ambassadeur de France au Cameroun, Gilles Thibault, les leaders de l’association des femmes solidaires du Cameroun, le Rotary Club, les anciens élèves du Collège de la Retraite de Yaoundé, l’université de  Douala, le Collectif Action Tendem entre autres, ont apporté aux blessés des produits alimentaires, des médicaments, des contributions financières pour le suivi des malades et du soutien aux familles.

Depuis plusieurs jours, des Camerounais apportent leur solidarité aux blessés à travers des dons de sang. Et déjà, près de 400 poches de sang.

Un mal pour un bien

Mauvais état de la route. La vitesse, la conduite dans un état d’ivresse, la fatigue physique des conducteurs, la surcharge des véhicules sont à l’origine du décès d’au moins 1000 personnes par an sur les routes camerounaises. A l’origine du flux des voyageurs vers la gare vendredi dernier, l’affaissement de la chaussée dans la localité de Matom. L’on apprend du ministre des travaux publics que la nationale N°3 compte, 330 ouvrages hydrauliques en acier qu’il faudra remplacer par des ouvrages en béton plus durables, qu’on aurait fait plus tôt.

Carence du plateau technique dans nos hôpitaux.

L’hôpital d’Eséka qui a vu s’échouer le train de la mort, dispose d’une infrastructure moyenâgeuse. Elle a vécu une semaine terrible. Plus de 500 blessés pour une poignée de personnels. Selon un rescapé de l’accident « si l’hôpital d’Eséka disposait d’infrastructures de qualité, beaucoup de victimes auraient été sauvés ».

Des enquêtes. En dehors de la commission d’enquête crée par le président de la république pour déterminer les causes exactes de la catastrophe, d’autres enquêtes sont mises sur pied apprend t-on.   Vraisemblablement, l’excès de vitesse, la qualité du train d’origine chinoise, pourraient être retenus comme une des causes, selon un témoin.

 

© CAMERPOST par Augustin Tacham