Cameroun : «absence de toutes traces de violence» sur le corps d’un évêque mystérieusement disparu

Cameroun : «absence de toutes traces de violence» sur le corps d’un évêque mystérieusement disparu

Les médecins légistes commis par Interpol, la police internationale, «ont relevé l’absence de toutes traces de violence» sur le corps de Jean Marie Benoît Bala, évêque de la ville camerounaise de Bafia (Centre) dont la dépouille a été repêchée des eaux du fleuve Sanaga le 3 juin dernier, selon un communiqué publié mardi par le procureur général près de la cour d’appel du Centre.

Le recours à l’expertise internationale, selon le document, est intervenu après les rapports d’autopsie déjà rendus par des médecins locaux.

Après examen approfondi, les experts d’Interpol ont ainsi «conclu à cet égard que la noyade est la cause probable du décès de l’évêque» et, les constatations médico-légales étant achevées, le corps de Mgr Bala a été remis ce même mardi «aux autorités de l’Église catholique aux fins d’inhumation».

Le magistrat Jean Fils Ntamack affirme qu’au stade actuel des investigations, les enquêteurs ont auditionné de nombreuses personnes et procédé à diverses perquisitions, les informations recueillies étant en cours d’exploitation aux fins de manifestation de la vérité.

Et de conclure son communiqué en indiquant que «les investigations en vue de déterminer les circonstances de ce drame, se poursuivent», les conclusions de l’enquête y afférente étant appelées à être portées à la connaissance du public le moment venu.

Reste que cette sortie ne semble pas de nature à calmer le courroux de la Conférence épiscopale nationale (CENC), qui dans une sortie médiatique inédite en mi-juin dernier sur ce drame, a dénoncé «un meurtre de plus, et un de trop» d’un prélat.

Excluant la thèse du suicide, elle a exigé «que la lumière soit faite sur l’assassinat» et ses mobiles, mettant en avant «le sentiment que le clergé au Cameroun est particulièrement persécuté par des forces obscures et diaboliques».

Les évêques catholiques, qui avaient précisé attendre les conclusions officielles de l’enquête, affirmaient déjà que leur collègue «ne s’est pas suicidé ; il a été brutalement assassiné».

«Nous avons le triste souvenir de plusieurs autres prélats, membres du clergé et personnes consacrées qui ont été assassinés dans les conditions non élucidées jusqu’à ce jour», écrivaient-ils dans un communiqué, exigeant que les coupables soient nommément identifiés et livrés à la justice afin qu’ils soient jugés selon la loi.

A l’État, la CENC a demandé qu’il assume son devoir régalien de protection des vies humaines, et notamment celle des autorités ecclésiastiques et, aux meurtriers, les évêques ont dit prier pour eux tout en leur demandant de s’engager dans une démarche de conversion urgente et radicale.

Quant aux hommes de médias et autres utilisateurs des réseaux sociaux, le clergé a suggéré de renoncer à la diffamation, aux mensonges, aux calomnies, leur recommandant le respect de la dignité de la personne humaine, de la vérité, de la pudeur et du discernement dans le traitement de certaines informations.

Jean Marie Benoît Bala, selon des proches collaborateurs qui affirment lui avoir ouvert le portail, était sorti de l’évêché de Bafia le 30 mai 2017 au volant de sa voiture.

Le lendemain, ledit véhicule sera retrouvé sur le pont de la Sanaga situé à une centaine de kilomètres de la capitale, Yaoundé, avec sur le siège avant-droit de la voiture, à côté de sa carte d’identité nationale et d’autres pièces personnelles, un message manuscrit : «Je suis dans l’eau.»

Les recherches, menées aussi bien par les sapeurs-pompiers que des civils, permettront à un pêcheur de retrouver son corps à quelques kilomètres dudit pont.

Selon des indiscrétions, relayées par des journaux à capitaux privés et provenant des premiers résultats de l’autopsie, sa dépouille présentait des mutilations alors que ses poumons n’étaient pas remplis d’eau, preuve selon eux, que l’évêque a été torturé, assassiné avant que son corps ne soit précipité dans le fleuve.

© CAMERPOST avec APA

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1 Commentaire sur "Cameroun : «absence de toutes traces de violence» sur le corps d’un évêque mystérieusement disparu"

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Bala Ela Marc

Comment Ntamack fils justifie t il les contradictions entre les autopsies? Il faut absolument une autre soit conjointe pour que chaque équipe défende ses observations. Une autopsie n’est pas une fiction!!!

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