Cameroun : 8 mois après l’accident ferroviaire, Eseka renaît 

Cameroun : 8 mois après l’accident ferroviaire, Eseka renaît 

C’est une ville lumineuse, éclairée, pleine de vie surtout avec l’axe Boumnyebel – Eseka désormais refait favorisant une circulation fluide sur une distance de 30 kilomètres, qui a accueilli CAMERPOST voilà quelques heures. Reportage.

Les riverains désormais à l’abri des coupures d’électricité

« Avant l’accident ferroviaire, il ne se passait pas un jour sans coupures d’électricité. Nous étions dans le noir à temps et à contretemps.  Une ville sans eau également. Et une ville sans route car l’axe Boumnyebel – Eseka était jonché de nids de poules. C’était une route totalement dégradée. Aujourd’hui, je peux vous dire qu’on ne se plaint pas », se réjouit Wayochi Ngangang, chef de la gare d’Eseka en service voilà six années aujourd’hui.

Une réjouissance partagée par des commerçants très actifs au marché d’Eseka : « Il est clair que le drame qui a coûté la vie à des personnes est un fait qui a marqué l’histoire et surtout celle d’Eseka et du département du Nyong-et-Kelle. Car jamais pareil accident ne s’était produit jadis. En même temps, plus que jamais la localité est prise en considération par les dirigeants car ce département était aux oubliettes. Nous souffrions énormément jusqu’ici ».

Pour leur part, les détenteurs de débits de boissons ont fait savoir que des mois plus tôt, avant le drame « en période de pluies, Eseka se transformait en véritable patinoire. L’accès à ses dix-sept quartiers était un parcours du combattant. L’énorme bourbier, les innombrables nids-de-poule et flaques d’eau parsemaient les rues. Quelques croûtes de bitume, encore perceptibles çà et là, et l’herbe qui poussait à profusion en différents endroits de la ville, trahissaient la vétusté de la voirie. Une vaste opération d’hygiène et de salubrité s’avérait nécessaire. Actuellement, nous pensons qu’avec ce début de changement et des projets en cours, tout ira davantage pour le mieux ».

Une lueur d’espoir

Les propos des riverains ne sont pas loin de ceux des élites du département. Dans une correspondance adressée au Chef de l’Etat deux jours après le drame. Précisément le 23 octobre 2016, la cible indiquait : « l’heure n’est plus aux promesses mais à la réalisation. Le peuple est fâché. On nous a refusé les ministères, les grands postes. On nous détourne un pont à Minka et le goudron entre Ngoumou et Eseka. On ne voit pas le courant. On a constamment les appareils abîmés. Même le train qui circule sur nos terres, vous nous refusez. On a fait quoi pour mériter ça nous les Bassa ? Pourtant nos grands-parents ont versé leur sang pour l’indépendance du Cameroun… ».

Aujourd’hui, leurs plaintes semblent avoir été prises en comptes au regard des changements apportés après l’accident ferroviaire d’Eseka et aux dires des populations interrogées. Pour l’heure, les wagons endommagés ont été mis sous scellés et certaines personnes déposent des gerbes de fleurs dans les wagons en mémoire des disparus. Mais il est formellement interdit de prendre des vues. Ainsi se porte Eseka 8 mois après l’accident ferroviaire.

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  • So we needed an accident of hundred deaths b4 we have development in a community???
    We ought to grow up in this country.