Cameroun : 660 milliards FCFA à investir pour la centrale hydroélectrique de Nachtigal

Basile Atangna Kouna, ministre de l’Eau et de l’Energie | DR
Basile Atangna Kouna, ministre de l’Eau et de l’Energie | DR

Un montant de plus de 650 milliards de francs CFA (environ 1,3 milliard de dollars) est estimé pour le financement du projet de construction d’une centrale hydroélectrique d’une capacité de 420 mégawatts (MW) sur le fleuve Sanaga dans la localité de Nachtigal, près de la capitale Yaoundé, ont annoncé mardi des sources officielles.

“Le coût du projet, c’est autour de 1 milliard d’euros, donc c’est autour de 660 milliards de francs CFA”, a indiqué à la presse Joël Nana Kontchou, directeur général d’Energy of Cameroon (Eneo), filiale locale du groupe britannique Actis agréée pour la distribution et la production à des fins commerciales de l’électricité, lors de la signature d’un accord relatif à ce projet avec le gouvernement camerounais.

Ces fonds ne sont pas encore mobilisés, les négociations pour les accords de financement ne pouvant intervenir avant la signature des termes de référence finaux qui s’est déroulée mardi à Yaoundé entre l’Etat camerounais, Eneo, le groupe d’investisseurs constitué d’Electricité de France (EDF), la Société financière internationale (SFI, filiale de la Banque mondiale) et Rio Tinto Alcan.

Préalable la réalisation de l’ouvrage, cette étape concerne la structuration contractuelle du projet et les différents contrats à intervenir entre ces acteurs, notamment le contrat d’achat d’énergie ainsi que les conditions de raccordement de la future centrale au réseau de transport qui sera exploité par la Société de transport de l’électricité (Sonatrel, à capitaux publics) récemment créée par décret présidentiel.

Il est question des principaux termes commerciaux, techniques et économiques du contrat d’énergie et de la convention de raccordement de la centrale au réseau de transport, puis des caractéristiques techniques de cet ouvrage.

Le lancement des travaux de construction de cette grande infrastructure de production de l’électricité est prévu au troisième trimestre de l’année 2016, pour une mise en eau de la première machine au premier semestre de 2020 et une mise en service complète en 2021, a annoncé le ministre camerounais de l’Eau et de l’Energie, Basile Atangana Kouna, représentant du gouvernement à cette cérémonie.

La réalisation du chantier sera confiée à une compagnie désignée au terme du processus de sélection qui met en compétition en ce moment dix groupements d’entreprises, a-t-il ajouté.

Une fois la centrale hydroélectrique construite, l’énergie produite sera acheminée à Yaoundé via une ligne de 225 kilovolts, d’un peu plus de 50 kilomètres.

De l’avis de Simeone Rossi, représentant d’EDF, c’est un ouvrage qui “à partir de 2020 représentera plus de 20% des besoins d’électricité du pays, sans émission de CO2”, contribuant ainsi à améliorer l’offre énergétique insuffisante pour le moment pour satisfaire la demande sans croissante et donc mettre un terme aux délestages et coupures d’électricité intempestives que subit la population.

“Ce projet nous apporte 420 mégawatts en plus. Ça veut dire qu’on aura de l’électricité en plus, donc ça veut dire que les tensions dans le réseau vont baisser. Maintenant, quelle sera la demande en 2020 ?

C’est quelque chose qu’il faudrait évaluer. Et quel sera l’état du réseau en 2020 ? C’est autre chose”, a renchéri le directeur général d’Eneo.

“Mais ce qui est bienvenu, a-t-il poursuivi, c’est que nous avons 420 mégawatts en plus, en plus de l’électricité moins chère. Ça nous aide à contrôler les tarifs de l’électricité.”

D’après les statistiques officielles, la production installée actuelle avoisine les 1.500 mégawatts, soit 3% de niveau d’exploitation du potentiel total estimé à 19,7 gigawatts-heure (GMh).

Une partie de cette énergie est fournie par des ouvrages (barrages hydroélectriques) exploités par Eneo, qui annonce sur son site un volume de 935 mégawatts disponibles.

Actionnaire principal pour 56% d’actions contre 44% à l’Etat camerounais de l’ex-Société nationale de l’électricité (Sonel) reprise en 2013 au groupe américain Aes Corporation, cette entreprise a dévoilé récemment une étude qui estime à 3.700 milliards de francs CFA 7,4 milliards de dollars) le coût des investissements nécessaires pour améliorer de 25% l’offre énergétique dans les dix années à venir.

Pour le ministre de l’Eau et de l’Energie, “le déficit est en train de résorber. La principale difficulté, c’est le transport de l’électricité”, à laquelle le pouvoir de Yaoundé, en application de la libéralisation du secteur consacrée par une loi votée par les députés de l’Assemblée nationale (Chambre basse du Parlement) en 2011, s’est engagé à remédier en créant fin septembre la Sonatrel.

En plus de la création de nouvelles infrastructures, la tâche de cette entreprise consistera notamment à réhabiliter un réseau vétuste et obsolète reçu en héritage.

“D’ici 2020, nous aurons au moins 2.000 mégawatts”, a annoncé Basile Atangana Kouna, évoquant la réalisation en cours d’une série d’autres ouvrages de production de l’électricité et par lesquels le gouvernement promet “un taux de desserte de pratiquement 100% à l’horizon 2035”.

Source : © Agence de presse Xinhua