Cameroun – 48 heures du président tchadien à Yaoundé : Paul Biya et Idriss Deby en parfaite symbiose

Toast de paul BIYA à l’occasion de la réception offerte en l’honneur du Président Idriss DEBY ITNO | Ph. © PRC
Toast de paul BIYA à l’occasion de la réception offerte en l’honneur du Président Idriss DEBY ITNO | Ph. © PRC

L’air détendu, la mine assurée, le regard radieux, le président tchadien Idriss Deby Itno, par ailleurs, président en exercice de l’Union africaine, vient de boucler une visite de 48 heures à Yaoundé. Bien que la nature du voyage en terre camerounais, où il a ses habitudes, n’ait pas été précisée, la solennité de l’accueil du chef de l’État tchadien par son homologue camerounais, ainsi que l’ensemble du gouvernement présent à l’aéroport de Nsimalen et au palais de l’Unité permet de qualifier ce séjour d’officiel. Qu’importe la nature de cette visite, elle a pris la physionomie d’une visite d’État effectuée par un chef d’État qui porte plus d’une casquette. Le scénario pratique de cette visite s’est déroulé en 48 heures, du 28 au 29 octobre 2016, sous un ciel moite contrastant avec la chaleur des retrouvailles entre Paul Biya et son cher frère Idriss Deby Itno. Toutefois, au delà des civilités chaleureuses et cordiales affichées par les deux chefs d’État, de quoi auront-ils parlé dans leurs confidences empruntes de confiance ?

Cette tragédie, cette catastrophe, cette épreuve a bouleversé le peuple camerounais tout entier. Tant de nos compatriotes ont perdu la vie… Tant d’autres ont été blessé…

  Si rien n’a filtré de l’aparté du palais de l’Unité, une partie des sujets abordés, en tête-à-tête, entre les présidents Biya et Deby trouve réponses dans le toast prononcé par Paul Biya, le soir du 28 octobre : « Monsieur le président de la République du Tchad et Cher Frère, déclarait-il, mon épouse et moi-même sommes heureux de vous accueillir, à nouveau, dans ce Palais, symbole de la nation camerounaise. Aussitôt informé de la catastrophe ferroviaire survenue dans mon pays, vous nous avez adressé les condoléances du peuple tchadien. Et à celles-ci, vous avez, en votre qualité de Président en exercice de l’Union Africaine, joint les condoléances des peuples africains. Cette tragédie, cette catastrophe, cette épreuve a bouleversé le peuple camerounais tout entier. Tant de nos compatriotes ont perdu la vie… Tant d’autres ont été blessé…  En plus de votre message de condoléances, vous avez tenu à venir en personne aujourd’hui nous apporter le réconfort de votre amitié. Merci, Monsieur le Président et cher Frère. C’est dans le malheur, dit-on, que l’on reconnait ses vrais amis… Voilà pourquoi votre geste nous touche infiniment… Même si l’heure n’est pas, aujourd’hui, de parler des projets de coopération, j’ai la conviction, Monsieur le Président et cher Frère, que la solidarité naturelle qui existe entre le Tchad et le Cameroun sortira renforcée des épreuves auxquelles nous devrons faire face. Les condoléances ne ressuscitent pas le défunt. C’est vrai. Mais elles entretiennent, elles consolident et densifient la confiance entre ceux qui restent. Cher Frère, Merci encore du fond du cœur d’être venu. »

Ce déraillement sans précédent au Cameroun a fait 79 morts et 500 blessés. Ses images ont fait le tour du monde.

    On l’aura donc compris, à travers le reflet du toast présidentiel, qu’Idriss Deby Itno a officiellement effectué le déplacement de Yaoundé pour apporter réconfort au peuple camerounais si durement éprouvé par le déraillement fatidique du Train 152 survenu à Eseka, le 21 octobre dernier. Ce déraillement sans précédent au Cameroun a fait 79 morts et 500 blessés. Ses images ont fait le tour du monde. Normal donc que celui qui préside aux destinées de l’Union africaine vienne au chevet de son frère et ami Paul Biya dans ce moment tragique où le moindre réconfort psychologique vaut tout son pesant d’or. L’attitude du président Deby est louable à juste titre comme reconnait Paul Biya : « Il ne nous surprend pas du reste, car nous sommes conscients de la profondeur, de la densité et de la solidité des liens qui nous unissent. Ces liens reposent sur des relations tissées, au cours de l’Histoire, entre deux peuples voisins qui ont beaucoup en commun. Dans la période la plus récente, ces relations ont montré que, lorsque la sécurité, voire l’existence de nos pays était menacée, nous étions capables, ENSEMBLE, de faire front et de faire reculer l’ennemi commun. Aujourd’hui, la sympathie et la compassion que vous êtes venu nous exprimer nous réchauffent le cœur, a affirmé le chef de l’Etat camerounais. »

C’est au nom de cette convergence que Idriss Deby Itno séjourna en février 2015 aux travaux de la Conférence des chefs d’État du Conseil de paix et de sécurité de l’Afrique centrale (COPAX) consacrée à la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram.

    Est-il besoin de rappeler que la solidarité entre les présidents Paul Biya et Idriss Deby Itno a produit de bons résultats au plan militaire et géostratégique dans la lutte contre la secte islamistes ? Et que cette solidarité a permis de bâtir le pipeline pétrolier Tchad-Cameroun qui va de Doba au à Kribi ? Pour tout dire, les présidents Biya et Deby filent du bon coton, et depuis de longues dates. Est-ce au nom de cette amitié sans faille que le président tchadien est venu solliciter le soutien du sage Biya en vue de la candidature de l’ancien ministre tchadien des Affaires étrangères qui convoite le poste stratégique de président de la Commission de l’Union africaine ? Fort à propos, le président Idriss Deby Itno sait pouvoir compter sur son homologue camerounais avec qui il a toujours marché la main dans la main, dans les bons comme dans les mauvais moments. C’est au nom de cette convergence que Idriss Deby Itno séjourna en février 2015 aux travaux de la Conférence des chefs d’État du Conseil de paix et de sécurité de l’Afrique centrale (COPAX) consacrée à la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram. Le Tchad et le Cameroun sont deux pays voisins et frères unis par un destin commun. Outre la longue frontière commune qu’ils partagent, le Port de Douala sert de point de transit de marchandises en partance vers le Tchad enclavé et privé de littoral maritime. Voila un très bel exemple de coopération sud-sud qu’il faut encourager et qui fait tache d’huile en Afrique.

 Par Faustin Ndomché K.

Internationaliste

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